Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

11-Septembre. Réflexions éparses et plurielles

Par • 11 sept, 2011 • Catégorie: Réflexion faite

10 ans suffisent-ils pour prendre le temps d’y penser ? Sans doute que non. Comme l’a souligné un jour Stéphane Lemessin, au Temps d’y penser, nous ne pensons pas tous de la même façon. Le lecteur jugera si les propos de CorbulonHenry le BardeLactanceIgnaceGouffier de Hautefortet Basilon sont contradictoires.

Eux-mêmes jugeront leurs propres propos dans 10 ans…

***

Dix années plus tard, le premier constat frappant est l’effet accéléré de la résilience en démocratie médiatique. Qui considère encore « les évènements » comme le massacre terroriste qu’il fut ? Du côté des pays arabes, qui admet que le 11 septembre est la répétition de massacres et meurtres ordinaires…

Symptomatique de quoi ? De ce que le 11 septembre est la première marque visible du choc des civilisations de Huntington, si caricaturé et méprisé (surtout en France). L’effondrement du bloc soviétique avait depuis déjà longtemps fait sa transition, mais l’Occident gavé n’avait toujours pas compris que le choc des civilisations était à la fois certain et engagé. Certain, parce que l’affrontement entre le Nord riche – corrompu – et le Sud pauvre était un cliché éventré par la montée en puissance de l’Inde, de l’Amérique latine et de la Chine. Engagé, ensuite, parce que l’Occident s’est endormi dans la fable de la fin de l’Histoire, cimetière des dinosaures de sa propre perte de suprématie.

Le 11 septembre est le début de l’enrayement de la mécanique américaine. Bush ne fut pas une erreur, une faute démocratique, mais tout le contraire. La Peur inspira le choix d’un anti Cincinnatus et les USA engagèrent des forces sans douter de leurs faiblesses et en surestimant leur solidité morale, pourtant faible. De gigantesques erreurs stratégiques, attestant du peu de capacité des Américains à comprendre l’Autre pour le défaire, prouvent l’ampleur du mal qui gangrène l’Occident.

L’autre « problème », c’est l’Islam. Dix ans ont passé, et l’Islam n’a rien compris, n’a pas choisi son camp et perpétue ses illusions arriérées de califat. Dix ans plus tard, c’est la force démographique de l’Islam et ses extrêmes qui ont provoqué la défaite américaine, mais entretiennent aussi l’islamophilie pan orientale de l’Europe, ce nain géostratégique plus pathétique encore qu’en 2001 : si la morale trouva en la France une magistrale cariatide, l’effondrement de tant de régimes autoritaires arabes est un des rares effets positifs à terme.

L’Irak fut une faute, et la manière de faire en Afghanistan une erreur. La nébuleuse Al-Qaida s’étoffa mais ne parvint jamais à installer la terreur en Occident. Mais elle accrocha à son tableau une usure accéléré de la crise de l’Occident, démilitarisé, athée et abdiquant un combat idéologique, dévirilisé depuis un demi-siècle, et dont l’impuissance stérile démocratique rend toute jactance tragique.

Il y a donc, en cynique, un résultat inattendu : la fin du rêve de la disparition de la guerre et de l’Ennemi. Le fossé entre l’Amérique et l’Europe ne fait que croitre et semble voué à se figer en mutisme compassionnel de 2 vieilles sœurs mutuellement affaiblies ; le 11 septembre est bien le début de la chute de l’Occident comme puissance dominante depuis le XVIIème siècle.

Le 11 septembre n’a pas produit tous ses effets dans bien des champs : la guerre électronique, en faillite, est elle encore crédible ? Les politiques européens et américains, d’une médiocrité inédite, préparent-ils nos démocraties au pire ? Les effets ravageurs de la médiacratie vont-ils engendrer des vagues conservatrices dans les pays développés ?

La tache de la torture et des violations du droit attestent enfin l’émergence, on ne peut plus inquiétante, d’un homo occidentalis immoral et aussi barbare que l’hydre que l’on prétendait combattre.

Corbulon

 ***

10 ans après, l’Occident me semble toujours bien en peine d’expliquer ce que fut le 11 septembre, ce qui en dit aussi long sur le trouble dans laquelle est plongée la civilisation agressée que de celle d’où a surgi l’agresseur.

« Le 11 septembre 2001, nous avons assisté à une attaque symbolique contre le capitalisme. Dix ans après, ce capitalisme ­s’effondre totalement. » Ces propos sont de Christine Boutin, à qui l’on doit un discours par ailleurs cohérent sur le capitalisme contemporain1.

Cette phrase, outre qu’elle dessert sa démonstration, accrédite surtout l’alibi donné par les terroristes qui ont su manipuler l’opinion comme personne, risque malheureusement de passer inaperçue tant elle révèle une vision partagée de ce que fut le 11-Septembre.

La vision commune. Des visions aux représentations chères à Yves Lacoste, il n’y a qu’un pas, malheureusement rarement franchi, pour gravir une étape conceptuelle dans la juste compréhension des événements. Dans le 11-Septembre, tout me semble affaire de représentations, de part et d’autre.

Représentations que nous avons des auteurs et de leurs motivations, tout d’abord. Loin des kamikazes comme les appellent régulièrement les médias, leurs cibles ne sont pas que militaires, dans un contexte de guerre conventionnelle et de défaite annoncée. Les malheureux pilotes japonais étaient sanglés dans leurs avions, alcoolisés et s’en allaient la peur au ventre vers leur destin. Erreur sémantique certes mais surtout conceptuelle2.

Autre fadaise : le capitalisme, la richesse occidentale seraient la cible. Doit-on rappeler les origines sociales de Ben Laden ? Celle de ses assassins ? Qu’il a toujours entretenu des rapports, avant sa mise au ban, avec des familles peu connues pour leur goût du social3. En outre, si le sort économique des pays musulmans lui importait tant, viser le World Trade Center et donc risquer une récession mondiale n’était pas le meilleur moyen de s’assurer le bien-être économique de ses coreligionnaires.

Enfin, Ben Laden serait une réponse à l’Occident belliqueux4. Les attentats ont été perpétrés sous Bush et Sharon… respectivement en poste depuis janvier et mars de la même année. Qui croira que les attentats n’ont pas été planifiés avant5 ?

Représentations de l’Islam et des Musulmans en général. Il est un mythe, encore une fois, que nous faisons perdurer, celle d’une unité du monde arabo-musulman. Ce faisant, nous nous empressons de gober le mobile avancé par Ben Laden : la défense du peuple palestinien et de l’Irak. Disons-le tout net, les pays arabes se moquent royalement de la Palestine. Leurs actions passées et récentes prouvent suffisamment l’instrumentalisation récurrente de la « cause palestienne ».6

Autre glissement de représentation, qui nous permet de mesurer le chemin parcouru. La figure française du « Rebeu », encore présente pendant la campagne de 2002 – dix ans, là aussi ! – a cédé la place au barbu musulman. Nous reprochions à la petite frappe, casquette à l’envers et rap à outrance, sa culture du Bronx. Nous lui reprochons aujourd’hui un repli identitaire. Ce qui me fournit une merveille transition vers le dernier type de représentations que je tenais à évoquer. Il suffit d’étudier la rhétorique du FN (et sa récente alliance idéologique avec divers courants laïcs pour s’en convaincre).

Représentations de ce que nous sommes (et nous prenons à notre compte leurs accusations). Comme une culture atteinte d’Alzheimer, nous nous complaisons à prendre à notre compte la caricature dépeinte par les vidéos d’Al-Qaida.

Nous serions une civilisation agressive, impérialiste. Mais en même temps des décadents, sans valeurs ni courage. Nous serions des descendants des Croisés (là encore, notre appropriation de la version « d’en face » des Croisades en dit long sur notre amnésie historique). Mais, dans le même temps, l’Islamisme radical (terme plus approprié qu’intégrisme ou fondamentalisme) nous juge et nous condamne pour notre athéisme et notre matérialisme.

Que l’incohérence soit le fait de fous et de manipulateurs, c’est logique. Mais notre principale défaite est d’acquiescer, contrits, soumis, le moindre arguement des dealers de mort… et de mensonges. Nous partageons finalement la même haine que les fous d’Allah (quand les peuples musulmans semblent finalement envier notre modèle démocratique et notre mode de vie) pour notre passé et notre présent, pourtant si contraires !

La phrase de Christine Boutin serait-elle vraie qu’elle est déjà politiquement superflue pour des raisons faciles à imaginer. Mais en l’occurrence, elle est rien moins que vraie. J’espère qu’elle le restera.

Henry le Barde

 ***

De même que la dissolution de l’URSS, le 26 décembre 1991, avait symboliquement marqué la fin du XXème siècle, les attentats anti-américains du 11 septembre 2011 ont visiblement ouvert le XXIème. En effet, avec une décennie de recul, il est loisible de cerner certaines évolutions susceptibles de constituer quelques uns des ressorts structurants de notre époque :

1) Le retour progressif du principe de réalité, autrement dit la fin du déni du « choc des civilisations » après la série d’attentas géants7 perpétrés par les islamistes contre le monde occidental ou, plus simplement, non musulman. Cette prise de conscience est particulièrement vive dans les pays européens les plus en pointe en matière de « multiculturalisme »8, longtemps perçu comme un brevet de tolérance ;

2) La montée en puissance de la coercition islamique en Europe et, par conséquence, de la censure de la critique intellectuelle et artistique à son encontre comme en témoigne le prudent silence des humoristes après l’assassinat de Theo Van Gogh9 aux Pays-Bas, les tentatives d’assassinat des caricaturistes de Mahomet10 au Danemark ou les menaces adressées à Robert Redeker11 en France ;

3) L’ampleur inégalée des persécutions à l’encontre des chrétiens, notamment en terre d’Islam12 mais également en Inde ou en Chine, qui toucheraient près de 10 % d’entre eux (soit 200 millions de personnes13 ). Il s’agit d’un phénomène sans précédent depuis l’Antiquité romaine pourtant largement sous-médiatisé par les élites occidentales du fait du rejet de leurs propres racines et de la crainte d’être taxé « d’islamophobie »14 ;

4) La place des communautés musulmanes d’Europe. Cette question s’impose pour longtemps comme le souci prioritaire des Etats au regard de l’essor démographique des intéressés, de l’absence de volonté des Eglises institutionnelles à mener une évangélisation spécifiquement dédiée et du renoncement des chancelleries à exiger l’application du principe de réciprocité dans le domaine de la liberté religieuse ;

5) La reconnaissance du primat des services de renseignement en matière de sécurité. Alors que les grandes interventions militaires en Iraq ou en Afghanistan ont échoué, les succès de la lutte anti-terroristes proviennent de la coopération policière ou de l’usage de drones. Longtemps parent pauvre du système français, le renseignement est érigé en priorité par le Livre blanc sur la Défense et la sécurité (2008)15 et bénéficie d’une hausse de ses moyens dans un contexte général de rationnement budgétaire des administrations ;

6) L’échec de la démocratie casquée et bottée voulue par les Etats-Unis (Great Middle East). Si la démocratie ne s’exporte pas à coups de canons, il n’est pas encore assuré que la chute des dictatures en Tunisie, en Egypte16 et en Libye garantisse l’éclosion de la démocratie en terre d’Islam. Le précédent de la révolution iranienne de 1979, alors saluée par les médias libéraux hostile au régime du shah, doit inspirer la prudence ;

7) La fin de la « mondialisation heureuse ». L’économiste Nouriel Roubini qui avait prédit la crise de 2008, prédit la fin de l’euro d’ici cinq ans17. Pour l’heure, c’est la libre circulation des personnes au sein de « l’espace Schengen » qui est déjà remis en cause18. Loin de constituer « la fin de l’Europe », cette défiance signe simplement la fin de l’option fédéraliste de la construction européenne et le retour des nations dans le processus politique, déjà perceptible dans l’échec du projet de constitution européenne en 2005 et encore illustré par le refus catégorique de la mutualisation des dettes des pays de la zone euro19. Siège des institutions communautaires contestées et capitale d’un pays sans gouvernement, Bruxelles pourrait perdre l’essentiel de ses prérogatives par un retour de balancier dont l’histoire est coutumière.

Lactance

***

Lorsqu’on parcourt le net à propos du 11 septembre 2001, il est édifiant de constater le foisonnement de propos conspirationnistes colportés par différents sites.

Que les attentats aient pu être utilisés par la suite à des fins politiques et économico-belliqueuses par l’administration Bush, c’est probable, on pensera notamment à la campagne d’Irak. Mais de là à dire que les attentats ont été orchestrés par des forces occultes mercantiles, il y a un pas que seuls des personnes mal intentionnées franchiront ou aussi des personnes qui osent tout comme dirait Michel Audiard. Surtout si comme par enchantement les articles présents sur le net au sujet d’une prétendue théorie du complot conduisent systématiquement à des arguties antisionistes.

De surcroît certains de ces articles sont ouvertement antisémites ou sont construits pour amener subtilement des commentaires antisémites dans les forums de discussions qui y sont rattachés.

Les argumentaires sont efficaces, étayés par des photomontages ou des vidéos pouvant être convaincants notamment sur des personnes qui ne font pas l’effort de rechercher les contrepoints. Je me souviens d’ailleurs avoir reçu un montage powerpoint censé prouver que ce n’était pas un avion mais un missile qui avait atterri sur le pentagone dans ma boîte mail seulement quelques semaines après les attentats. Ce document était réalisé par le réseau Voltaire.

Il n’est pas opportun de mettre en lien ces sites sur Le Temps d’y penser, ce serait leur faire de la publicité et de toute façon Google y mène très facilement. Google y mène d’autant plus facilement que des personnalités avec parfois une résonance internationale se font l’écho du « complot ». On citera par exemple l’inénarrable Marion Cotillard qui déclarait le 16 février 2007 :

 « C’était un gouffre à thunes parce qu’elles ont été terminées, il me semble, en 73, et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie, c’était beaucoup plus cher de faire des travaux et caetera que de les détruire. »

On pourrait aussi parler de Karl Zéro interwiewé par Thierry Ardisson ou encore Jean Marie Bigard en compagnie de Laurent Ruquier tenant des discours voisins.

L’esprit critique est une qualité, il est important aussi qu’une démocratie permette l’expression du doute. J’éprouve pour ma part toujours une certaine sympathie pour les personnes qui se lancent dans l’arène médiatique afin d’y tenir des propos qui induiront immanquablement leur mise au pilori mais dans ce cas je crains que les Cotillard et consorts servent une cause (inconsciemment je l’espère) sinistre.

Ils contribuent à faire oublier les victimes de ces attentats. A tergiverser sur qui à fait quoi on ne pense plus à elles et après tout, ces victimes ne sont-elles pas que des Américains impérialistes !

Enfin ils donnent pignon sur rue à des réseaux d’extrême gauche pour qui cette théorie du complot permet de véhiculer et faire prendre racine dans l’opinion des pensées antisémites quand ce n’est pas pour servir la soupe aux frères musulmans.

Finalement il y a bien de la manipulation et du complot mais pas celui que l’on croit…

Gouffier de Hautefort

***

En 10 ans, il y a tout eu sur le 11 septembre. Reportages, analyses, documentaires, prises de position. Du bon et du moins bon, de l’objectif et du subjectif, de la raison et de la passion. Ce sont le subjectif et la passion qui furent le plus détestable, comme toujours. Cette exploitation de l’affectif pour distiller des idées nauséabondes resteront toujours pour moi le plus grand des dangers. Les images et les notes ont toujours mieux fonctionné pour faire adhérer les foules que des analyses objectives et brillantes. Certains chanteurs, certains réalisateurs, certains comiques se sont donc sentis obligés de commenter cet événement. Est-ce leur rôle ? Je ne sais pas, je continue de m’interroger sur l’art et l’engagement, du fait, encore une fois, de son lien trop proche avec l’affectif.

En France, on est donc presque content de chanter en chœur que l’Amérique est un colosse au pied d’argile qui n’a pas réussi à se protéger de ces immigrés drogués. On s’attriste en pensant que les méchants Américains, par soif de vengeance, ont tué des innocents à Kaboul. C’est encore la religion qui trinque, laquelle n’a jamais fait autre chose que de la chair à canon. Sauf que… c’est triste, parce que ces terroristes auraient mieux lu le Coran, tout cela ne serait jamais arrivé. On voit déjà là toute la palette des sentiments made in France : ça fait les pieds à l’Amérique qui se croit au dessus de tout le monde, mais qui, dans sa grande prétention, s’en va en guerre tuer des innocents parce que sa vision du monde est par trop étriquée. Evidemment, on n’oublie pas d’épargner l’islam qui est largement plus tolérante que ce que sa branche fanatique laisse paraître. Oh, que j’aimerais que ces nuances soient appliquées à toutes les religions et à toute l’Histoire des religions. Mais non, rappelez-vous, nous sommes toujours dans le domaine de l’affectif et ce n’est pas le lieu pour être objectif. On parle avec le cœur, on chante avec les tripes… et quand le la est mineur, la raison doit aussi l’être. Ça fait pleurer, ça fait vendre.

Il n’y a pas que les chanteurs qui ont dénoncé ce qui n’est plus qu’un système et sa police américaine. Tout ça n’est tellement qu’un système dont nous ne sommes que des marionnettes que le Bush manichéen et bête se transforme en manipulateur hors norme et on tente de convaincre que ce qui n’était qu’une réaction viscérale est en fait une intervention préparée… la théorie du complot arrive en renfort pour entretenir un regard affectif. La théorie du complot, c’est plus excitant… nous ne sommes plus devant la télévision comme spectateur, nous vivons au cœur de ce que nous ne croyions n’être que de la fiction. Notre vie peut se rapprocher de nos héros. Peu importe que nous rendions compte que nous sommes manipulés, nous sommes dans le film… tout en espérant au fond de nous que cette méchante police mondiale américaine saura quand même nous protéger…

Finalement, on se pose souvent la question de savoir s’il y a un avant et un après 11 septembre… du côté de la nature humaine, dans tout ce qu’elle crée de subjectif et de passionnel, on continuera longtemps à chanter : non, non, rien n’a changé…

Ignace

***

On se souvient des réactions des gens face aux images du 11 septembre. L’horreur, la sidération, la souffrance… mais aussi la joie. Vous souvenez-vous de ces réjouissances ? Le plaisir de voir ces vies détruites aussi brutalement. Il n’est pas sûr que ces éclats de rire provenaient tous de psychopathes. Comment expliquer que la mort d’innocents puisse réjouir spontanément des foules ? Il y avait beaucoup d’enfants en leur sein. Ce ne sont pas des islamistes radicaux que nous avons vu déborder de joie, mais des passants dans les rues de plusieurs pays du tiers monde. Alors pourquoi ? Cette question ne nous étonne pas vraiment. Car nous connaissons un peu la réponse. La sensation d’être dans un système économique oppressant dirigé par les Etats Unis. L’absence d’espoir d’avoir une vie digne. A cause des Etats Unis. Que dirait cet adolescent de l’époque, brulant un drapeau américain dans un bidonville arabe, pour fêter l’écroulement des tours jumelles ?

- De tyrans, ils se présentaient enfin en victimes, brisés dans leur orgueil. Les riches, arrogants, intouchables, étalaient leur confort dans les séries américaines, avec leurs problèmes de riches pendant qu’on souffrait de faim et de maladie. Vous ne nous aidiez pas alors que vous profitiez de nous, vous aviez du mépris pour nous .Vous n’aviez jamais souffert, vous les riches, et bien cela nous faisait plaisir de vous voir souffrir alors que vous méprisiez notre souffrance. Vous voyez, ce n’est pas notre faute si nous souffrions, c’était de la votre. Et bien la souffrance que vous aviez subi totalement, sans avoir pu l’éviter, nous faisait prendre conscience que vous n’étiez pas invulnérable. . Le poids qu’on subissait du fait de votre toute puissance s’était allégé brusquement, parce que vous n’étiez plus aussi fort qu’on le pensait, aussi pesant sur nos épaules qu’on l’imaginait. L’idée que vous étiez notre bourreau tout puissant nous écrasait. Mais maintenant vous étiez vulnérable, le poids que vous nous faisiez subir était tellement moins lourd. Le soulagement était tellement intense en ce 11 septembre qu’on laissait éclater notre joie.

Enfin c’était l’état d’esprit que nous avions il y a dix ans. Mais nous avons compris maintenant. Bien que les Etats Unis aient été moteur du système économique actuel, que notre pauvreté et notre horizon bouché ne résultait pas directement de l’impérialisme économique, mais plus de l’égoïsme et de l’injustice de nos élites corrompues. Nous refusons désormais de nous résigner au désespoir, et nous avons réfléchi à qui nous méprisait réellement, indépendamment de la propagande contre l’Occident. Nous rêvons de liberté et d’un bien être issu de notre travail. Nous souhaitons être dirigés par des élites élues démocratiquement, et comme jadis en Occident, nous voulons nous battre pour construire un avenir meilleur et ne plus nous résigner à nous réjouir du malheur des plus puissants que nous. Nous sommes fiers du chemin intellectuel parcouru en 10 ans. Ce 11 septembre 2001, nous avions cru, mais nous étions jeunes, que des terroristes nous avaient rendu notre dignité. Mais ils nous enfermaient dans la haine. C’était bien l’envie frustrée à l’égard de l’Occident qui nous avait inspiré nos sentiments de destruction. Aujourd’hui, nous voulons simplement une société plus juste, sans haine, dans notre pays arabe bientôt démocratique, comme en Occident. Merci à l’Occident de nous soutenir dans nos efforts, et nous vous promettons de nous souvenir du 11 septembre pour exclure toute tentation d’envie frustrée dans notre société en devenir.

Basilon


 

  1. Même si on peut partager une même vision de l’homme et avoir une analyse divergente sur les constats[]
  2. Sans compter le caractère injurieux pour le Japon[]
  3. Il a tout de même proposé ses services à l’Arabie Saoudite pour soutenir le pauvre et déshérité Koweït face à l’invasion irakienne. Ryad lui préféra l’aide américaine.[]
  4. Il serait même sa création. Oui, comme allié de circonstance. Doit-on également reprocher aux USA de s’être alliés avec Staline et de l’avoir matériellement soutenu contre l’Allemagne nazie ?[]
  5. Un examen de nombreux attentats montrera que les attentats ressurgissent souvent en même temps que les espoirs de paix[]
  6. D’ailleurs, leur incapacité à incarner une nation et constituer un Etat ne remonte pas à Israël.[]
  7. Attentas de New York et de Washington le 11 septembre 2001 (2976 tués), de Madrid le 11 mars 2004 (191 tués), de Londres le 7 juillet 2005 (56 tués), de Bombay le 11 juillet 2006 (209 tués).[]
  8. « Le multiculturalisme a échoué » (« Multikulti hat gescheitert ») (Angela Merkel, le 17 octobre 2010). « Avec la doctrine du multiculturalisme d’Etat, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées les unes des autres et du reste de la nation » (David Cameron, le 5 février 2011).[]
  9. Le 2 novembre 2004, le réalisateur néerlandais Theo Van Gogh est assassiné en plein jour, dans une rue de la banlieue d’Amsterdam, abattu de huit balles puis égorgé, par un jeune musulman néerlando-marocain. Ce dernier entendait punir le cinéaste pour son film Submission, très critique quant au sort des femmes au sein de l’Islam, notamment la pratique du mariage forcé. Au cours de son procès, le meurtrier a déclaré qu’il recommencerait s’il était libéré, rappelant que le Coran imposait à tout bon musulman de combattre les ennemis de l’Islam. A son tour menacée de mort par l’intéressé, la députée néerlandaise d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, se réfugie un temps aux Etats-Unis. Il s’agit du premier exemple d’exil politique d’Europe occidentale depuis la 2nde guerre mondiale.[]
  10. Le 12 février 2008, la police danoise déjoue une tentative d’attentat contre Kurt Westergaard, jugé coupable d’avoir caricaturé Mahomet dans les pages du Jyllands-Posten. Le 1er janvier 2010, un Somalien, armé d’une hache et d’un couteau, s’introduit chez lui et tente de le tuer. Réfugié dans sa salle de bain avec sa petite-fille, il réussit à alerter la police. Kurt Westergaard a été mis en vacances pour une durée illimitée par son journal 
    « pour raisons de sécurité».[]
  11. A la suite de la publication dans le Figaro, le 19 septembre 2006, d’une tribune critique intitulée : « Face aux intimidations islamistes, que fait le monde libre ? », le philosophe Robert Redeker reçoit des menaces de mort. La rédaction du journal se désolidarise de l’intéressé et présente des excuses sur la chaîne al Jazeera.[]
  12. Dont les spectaculaires attentats contre la cathédrale chaldéenne de Bagdad le 31 octobre 2010 (52 tués) et contre l’église copte al Kidissine du Caire le 1er janvier 2011 (21 tués).[]
  13. Selon les estimations de l’Aide à l’Eglise en détresse (AED) et du récent ouvrage d’Alexandre Del Valle Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd’hui ? La nouvelle christianophobie (Ed Maxima-laurent du Mesnil).[]
  14. Forgé par les islamistes londoniens en 1997, le concept d’« islamophobie » consiste à refuser d’admettre que mieux vaut être musulman à New York, Londres ou Paris que chrétien au Caire, à Bagdad ou à Karachi[]
  15. En France, on retient notamment la fusion des différents services de contre-espionnage en une entité unique, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). En outre, les diplômés de l’ENA se voient désormais proposer des affectations au sein du service d’espionnage, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Ce phénomène est à rapprocher du comportement des élites anglo-saxonnes qui ont toujours considérer positivement un passage dans les services de renseignement, à l’instar de G. Bush senior, directeur de la CIA puis président des Etats-Unis.[]
  16. Sept mois après la chute du régime, l’Egypte est toujours gouvernée par le maréchal Tantawoui et le général Omar Souleyman, respectivement chef d’Etat-major des armées et chef des services de sécurité d’Hosni Moubarak.[]
  17. Sans préjuger de l’avenir, il fallut effectivement cinq ans à la communauté internationale pour accepter la disparition du système d’étalon de change or hérité des accords de Bretton Woods : entre 1971 (suspension unilatérale par les Etats-Unis de la convertibilité du dollar en or) et 1976 (accords de la Jamaïque par lesquels le FMI reconnaît la situation et instaure officiellement le « système de change flottant »). La succession de « sommets historiques » et de « plans de sauvetage » de la dernière chance orchestrés par l’Union européenne présentent de singulières similitudes.[]
  18. Rétablissement du contrôle des personnes à la frontière franco-italienne, du fait de l’arrivée massive d’immigrants tunisiens, et du contrôle des marchandises à la frontière germano-danoise, du fait de la maladie du concombre.[]
  19. Sous la forme « d’obligations européennes » (eurobounds) réclamées par la Banque centrale européenne.[]

Commentaires sur Facebook

commentaires

Marqué comme:

se veut un espace de discussion ouvert aux catholiques et aux non-catholiques, articulé autour d'un blog, de rencontres et de chroniques diverses. Il a vocation à allier dialogue sans concession et respect d'autrui, autrement dit vérité et charité.
Email à cet auteur | Tous les Articles par

6 Réponses »

  1. 10 ans après les trois attentats du 11/09, le public a été abreuvé d’images et de textes, jusqu’à plus soif. De plus… Plus personne ne peut ignorer que – peut-être – Al Quaïda n’y serait pour rien. Par contre des conspirateurs américains ou israëliens, eux, ils pourraient…
    `
    L’important n’est pas là. L’important, n’a pas été rappelé : à ce sujet-là, les archivistes semblent avoir été bien négligents. Ce qui n’a pas été développé, ce sont les grandes manifestations spontanées de jubilation dans une partie du monde, importante et parfaitement identifiée.

    Voici 10 ans, n’a-t-on pas expliqué aux bons peuples d’Occident qu’ils devaient comprendre ? Les pauvres opprimés seraient en droit de se réjouir des malheurs qui frappent les méchants oppresseurs… Disait-on.

    La négligence actuelle – forcément délibérée – vise à fabriquer une mémoire (ou une amnésie) collective, sélective. On entre dans une manipulation qui ne trompera que les plus distraits.

      (Citer ce commentaire)  (Répondre)

  2. « Plus personne ne peut ignorer que – peut-être – Al Quaïda n’y serait pour rien. Par contre des conspirateurs américains ou israëliens, eux, ils pourraient… »

    Avec des peut-être, on peut aussi incriminer les Chinois et les Martiens. Je n’ai vraiment pas envie de vous suivre sur ce terrain. J’ai failli bloquer ce commentaire. Avis à la population : les prochains du même acabit le seront.

      (Citer ce commentaire)  (Répondre)

  3. des conspirateurs américains ou israéliens ?

    il faut que les auteurs de thèse absurdes apportent la preuve rationelle de leur non absurdité, et ne qualifient pas de « vérité cachée » ou de « mensonge » ce qui n’en tient pas lieu…

    Monsieur Etienne aura t’il la grâce de démontrer que les victimes du 11 septembre sont américaines, et que la violence dans les pays islamiques est démultipliée ? ce genre de commentaire est effectivement inadmissible. Le Barde a raison.

      (Citer ce commentaire)  (Répondre)

  4. I really like your writing style, wonderful info, appreciate it for posting mytechnwp-includesimagessmiliesicon_biggrin » . “Kennedy cooked the soup that Johnson had to eat.” by Konrad Adenauer.

      (Citer ce commentaire)  (Répondre)

Laisser un Commentaire

Commentaires sur Facebook

commentaires

Powered by Facebook Comments