Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Savoir découvrir et accueillir la lumière

Par • 3 mar, 2012 • Catégorie: Vers dimanche

Deuxième dimanche de Carême

Livre de la Genèse 22,1-2.9a.10-13.15-18.


Dieu mit Abraham
à l‘épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en sacrifice sur la montagne que je t’indiquerai. » Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique. » Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Du ciel l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m’as obéi, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le

nom de ta descendance. »


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,31-34.


Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c’est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ? puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,2-10.


Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

Jésus emmène trois de ses disciples pour vivre une expérience extraordinaire. A l’écart des autres, Jésus va se transfigurer. Il leur fait vivre l’expérience d’un autre regard, celui qui peut voir au-delà des apparences. Le corps n’est pas à lui seul porteur de vie, il la contient mais il n’en révèle rien de complet. Après le corps, il reste encore la vie, après la mort, il y a la Résurrection. Ici, au-delà du corps humain de Jésus, il y a toute sa divinité, cette grande lumière qui apparaît aux trois disciples. Dans cette expérience, Jésus montre aussi aux disciples que le corps peut accueillir

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la lumière, que chacun d’entre nous peut accueillir Dieu en lui. Et même plus que cela : il nous montre qu’il faut savoir la regarder. Le corps ne dit rien de la vie, le corps l’enveloppe et il faut savoir dépasser cette première apparence. Un corps abîmé peut encore abriter une force intérieure. Il en va de même du corps que de la communication : celle-ci n’est pas la garantie d’un discours vrai. Et « gratter » un peu l’enveloppe en vaut la chandelle ! Ce texte nous met devant une richesse incroyable. Alors que les disciples ne semblent pas étonnés, surtout Pierre, ils n’en demeurent pas moins effrayés. C’est-à-dire que même si nous devinons la nature divine du Christ, nous ne pouvons pas en comprendre le mystère et la richesse. C’est une expérience unique et bouleversante, parce qu’elle dépasse nos possibles. Prendre le temps au quotidien de dépasser nos représentations, c’est pouvoir découvrir encore de nouvelles richesses. Il ne s’agit pas seulement d’aller découvrir ceux que nous ne connaissons pas, il faut déjà commencer par aller vers celui que nous connaissons, celui que nous pensons connaître « par cœur ». Car les disciples pensaient connaître Jésus, mais ils découvrent à son contact quelque chose d’encore plus fort. Mais c’est une expérience personnelle, c’est pour cela que Jésus leur demande de ne rien dire. Cependant, par le nouveau regard que cela va leur permettre de porter sur la vie et sur les autres, ils vont quand même pouvoir témoigner, ils vont pouvoir petit à petit reconnaître la lumière de Dieu dans ceux qui savent l’accueillir. Encore une fois, nous pouvons mesurer notre chance de connaître le Christ ! Cela ne nous permet pas uniquement d’approcher la vie éternelle, cela nous permet de vivre dans ce monde des expériences extraordinaires. Notre vie terrestre renferme des trésors que le Christ nous aide à découvrir. Dans la sinistrose ambiante, dans un environnement pessimiste, nous avons la chance de pouvoir nous tourner vers cette lumière indescriptible qui irradie tout ce qu’elle touche. C’est à nous qu’il revient de la découvrir partout où elle se trouve et de l’accueillir. Alors, notre cœur, noter corps, tout notre être pourra entrer dans une vie nouvelle !

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n’arrive pas à avoir de certitudes, seulement quelques convictions. Un moment tenté par certaines sirènes bien-pensantes, son passage en sociologie a paradoxalement mis fin à cette tentation. Ignace mesure toutes les difficultés à suivre le chemin du Christ mais il croit que c’est par Lui que l’Homme peut s’accomplir. Il croit que relire le message du Christ est une condition pour approcher Dieu. Il n’aime pas les clichés et les raccourcis, mais il pense humblement que l’homme moyen, dont il fait partie, est obligé de s’en servir pour appréhender toute la complexité de notre monde. Il appartient à tout le monde de dépasser cet état, mais c’est également un exercice difficile, peut-être pas donné à tout le monde.
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2 Réponses »

  1. J’ai bien apprécié cette manière de lire ce texte sur la Transfiguration. Il me semble que vous avez pris une bonne clef qui permet d’aller plus loin.

    Merci de votre commentaire.

    Hélios

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  2. Merci pour ce commentaire !

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