Laissez-vous réconcilier avec… les Lefebvristes
Par Incarnare • 14 avr, 2012 • Catégorie: Actualité« Il y a deux catégories de personnes dans le monde », disait C.S. Lewis, « ceux qui disent à Dieu ‘que Ta volonté soit faite’, et ceux à qui Dieu finit par dire ‘que ta volonté soit faite’ ».
L’auteur montre dans son livre, « The Great Divorce » (que j’ai évoqué dans d’autres lieux), que ce n’est pas tant Dieu qui nous condamne, que nous qui refusons le pardon offert. « J’ai mise devant toi la vie et la mort : choisis la vie ! », voilà la parole de Dieu.
Comme nous sommes des créatures complexes, ce refus peut prendre des formes très variées…
St Thomas d’Aquin en avait déjà eu l’intuition, nous invitant à ne « pas demander à Dieu moins que lui-même », c’est à dire à ne pas limiter la dimension de l’Amour de Dieu à la petitesse de nos cœurs.
Dans son livre, C.S. Lewis, donc, illustre (entre autres) deux de ces refus, à mi-chemin entre les ouvriers de la onzième heure, les deux larrons, et le fils prodigue.
Le premier met en scène deux hommes, dont un condamné à mort pour meurtre, qui s’est repenti et est entré dans la joie ; l’autre homme, lui, considère qu’il a toujours fait de son mieux, et n’avoir « jamais rien demandé qui n’était sien de droit ».
Le deuxième place un homme face au meurtrier de son frère, pardonné par Dieu. Il récuse la bonté d’un Dieu qui accueille ainsi les criminels.
***
Le billet publié par Philippe Clanché ce 13 avril, sur le possible « retour en grâce » des Lefebvristes dans l’Eglise1, m’a interpellé.
Une première lecture, un peu rapide, m’a fait croire qu’il reprenait à son compte la position du frère aîné, incapable de se réjouir du retour du cadet qui était en perdition. Ce serait compréhensible, car, il faut s’en convaincre : la joie de la réconciliation n’efface pas les blessures2.
Mais il faut lire l’article de plus près : ce que Clanché craint, c’est un retour sur le mode du triomphe, quand le fils prodigue revient en déclarant « je ne suis plus digne d’être appelé ton Fils ».
Il en veut pour preuve la difficile intégration des membres de l’institut du Bon Pasteur à Bordeaux, due (au moins en partie3) à une propension à croire détenir seuls la vérité.
Il est vrai que le larron qui crie à la face du Dieu crucifié « sauve-toi toi-même, et nous avec ! » nous est moins sympathique que celui qui le supplie « souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ta gloire ».
Là où, en revanche, je ne peux suivre Philippe Clanché, c’est son appel à ne pas proposer, au nom de la sauvegarde d’une Eglise de France « déjà fragile », cette réconciliation ; cette invitation aux évêques à résister-même insidieusement contre une décision favorable du Vatican.
En somme, inviter l’Eglise à sacrifier la brebis égarée pour garder les autres, à refuser d’être « lente à la colère et pleine d’Amour », à enterrer le talent. Bref, à renoncer à la folie de Dieu.
Alors que nous sortons tout juste de la Semaine Sainte, prenons le temps de méditer que c’est sans doute aussi la parole de Jésus aux larrons, ce pardon sans cesse renouvelé, sans cesse offert, qui fit dire au Centurion « vraiment, cet homme était le fils de Dieu ».
Alors, oui, ça va faire un peu mal, parfois, Philippe. Il y aura sans doute quelques grincheux dans ceux qui reviendront au bercail. Mais alors, prions pour les grincheux. A commencer par ce vieil homme qui vit en nous.
- cf. cet article de l’excellent JM Guenois[↩]
- Ce n’est pas un Jésus sans plaie que nous proclamons ! [↩]
- Comme souvent dans l’Eglise, un défaut de gestion humaine, d’accompagnement du changement, est sans doute également au cœur de cette greffe qui ne prend pas. [↩]
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Me voilà vraiment éffondrée.J’ai fait la découverte ce film (notamment à partir de la deuxieme minute) : http://www.dailymotion.com/video/xpgwm9_nutelle-moi-une-derniere-fois-les-rois-de-la-suede_musik . Comment peuvent-ils !?! Pourquoi traiter Jésus ainsi ? Quoi faire ?
Pia Lars(Citer ce commentaire) (Répondre)