Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Jules et François

Par • 14 mai, 2012 • Catégorie: Actualité


Le jour de son investiture, François Hollande va déposer une gerbe au pied de la statue de Jules Ferry. Dont acte. Selon un article de Ouest-France paru sur internet, le nouveau chef de l’Etat entame ainsi son quinquennat par des gestes symboliques rendant visibles ses grandes priorités que sont « l’éducation », « la jeunesse » et « le respect de la laïcité ».

Message relayé par les bonnes âmes de gauche qui voient en Jules Ferry, un homme visionnaire, en lutte contre les conservatismes. C’est du moins ce que j’ai entendu sur différentes radios ces derniers jours, et encore je n’écoute pas France Inter où le brave homme doit certainement être élevé au rang d’un Saint dont la gloire rejaillirait sur notre bon président.

Les citations ci-dessous ne manqueront pas d’être appréciées par les militants de la Bastille qui arboraient le soir de la victoire du 6 mai les magnifiques drapeaux de nos anciennes colonies.

Citations extraites du Discours à la chambre du 28 juillet 1885 :

« Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… »

« Il faut autre chose à la France : […]elle ne peut pas être seulement un pays libre ; […] elle doit aussi être un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, […] elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie ». (Mme Merkel attention à vous !)

Indépendamment de tout ce que Jules Ferry a pu apporter à notre pays et s’il peut paraître injuste de ressortir des citations en dehors du contexte et du mode de pensée d’une époque, je ne peux m’empêcher de songer que si durant son mandat, Nicolas Sarkozy avait déposé une gerbe au pied de la statue du commandeur, ce dernier aurait été inévitablement accusé d’arrières pensées nauséabondes. Peut-être que pour se rattraper notre nouveau président ne manquera pas de rendre très prochainement un hommage à Aimé Césaire ?

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est limousin. Quand on né là-bas, on s’imprègne de radon et de radical-socialisme. Heureusement il n’y est pas resté suffisamment longtemps pour que l’effet soit trop délétère. Sa foi solidement ancrée l’a aidé durant ses pérégrinations à travers la France et l’a finalement conduit à Paris comme jadis ses ancêtres s’y sont rendus pour participer aux constructions hausmanniennes.
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3 Réponses »

  1. Hollande rend hommage à Ferry pour son oeuvre scolaire et la laïcité. La lettre aux instituteurs est un très beau texte.

    Je ne défends pas ici la symbolique de Hollande.

    Jules Ferry est Républicain mais il est très loin du socialisme. Il ne faut pas oublier que la colonisation s’est faite sous la République. Tous les Républicains d’alors étaient dans la ligne de Ferry. Jules Ferry s’est dressé contre la Commune de Paris. ……Mélanchon a du souci à se faire et, d’emblée, Hollande annonce la couleur qui n’est pas le rouge malgré les apparences.

    Les références de Mitterrand étaient plus incontestables, me semble-t-il.

    On voit Hollande rendre hommage à Bérégovoy et à Ferry……

    Il me semble qu’on aurait pu s’interroger plutôt sur l’hommage à Bérégovoy qui a été lâché par les siens………………..! Là, il y aurait eu vraiment matière à interrogation.

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  2. Pour compléter mon commentaire, le problème de votre billet c’est qu’il juge les dires et l’oeuvre d’un homme politique de la fin du XIXème siècle à l’aune de notre point de vue d’homme du XXIème siècle. C’est faire de l’anachronisme. Attention, je ne prends aucunement parti. Je n’ai pas voté pour Monsieur Hollande. Mon appréciation n’est pas partisane.
    Hélios

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  3. Aussi ai-je bien pris la précaution de préciser « qu’il peut paraître injuste de ressortir des citations en dehors du contexte et du mode de pensée d’une époque » (pardon de m’auto-citer).

    Cela dit le propre des grands hommes est leur capacité de s’extraire du troupeau et d’aller si nécessaire à contre-courant. Le président Hollande aurait pu aujourd’hui rendre un hommage à Clémenceau qui en réponse au discours de Ferry de 1885 déclara au sujet de ces races dites supérieures que « l’histoire de France depuis la Révolution est une vivante protestation contre cette inique prétention ».

    Mais la cible visée par cet hommage était le corps enseignant qui a encore une fois si bien voté alors on allait pas lui parler de Clémenceau. L’image d’Epinal de Ferry était bien trop belle.

    J’ai noté cependant que notre nouveau président a qualifié aujourd’hui de «faute morale» la défense de la colonisation. C’était une précision importante.

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