Soviétisation européenne, imperium des moralistes
Par Corbulon • 17 août, 2012 • Catégorie: Réflexion faite<img class="alignleft size-medium wp-image-3282" title="Europe_satellite_orthographic" src="http://www.letempsdypenser.fr/wp-
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Les veaux, selon le mot du Général, regroupent désormais les légions disparates des curés du Peuple à sauver des hordes bruxelloises – l’extrême gauche communiste française – les protectionnistes – Front national et Europe écologie les Verts – sans oublier tous les autres caciques des partis institutionnels de gouvernement que sont le parti socialiste et l’UMP.
La raclée que j’évoque, c’est le recours effectué par des dizaines de milliers de justiciables allemands contre le traité budgétaire devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
L’Allemagne est d’une cohérence ravissante là où la France se délite, sur le front européen. L’Allemagne pratique l’Europe tel que nous devrions tous la pratiquer : elle n’accorde – une jurisprudence constante depuis 1977 ! – sa confiance ET – la distinction compte – n’autorise des aménagements à sa souveraineté qu’autant que l’Europe garantit un mieux disant.
Il n’y a pas d’expression plus limpide de la contrepartie : à défaut, l’Allemagne, souveraine, retire sa confiance et se désengage.
Sur le plan économique et financier, privée de souveraineté monétaire durant les années 30, de souveraineté dès 1918, puis en 1945, l’Allemagne considère que la valeur de sa monnaie, la stabilité politique inscrite dans le légalisme constitutionnel et la toute puissance économique sont les 3 piliers de son pacte avec l’Europe. En mariant la hiérarchie des normes de Carré de Malberg, le constitutionnalisme financier de la Buba et la conception trop souvent ignorée du pouvoir de Carl Schmitt, elle a jeté des masses de granit sur deux piliers : le droit, l’argent.
Tout le contraire de la France.
Depuis 1992, la France vend sa souveraineté pour une poignée de lentilles et postule l’inanité de la souveraineté. Tous les traités ont été validés par le Conseil constitutionnel… à condition de réforme constitutionnelle. Le droit est piétiné, le constitutionnalisme étant pourtant le dernier contre pouvoir en France. Personne n’est venu nous dire de réduire nos frontières, notre politique migratoire, notre défense, notre monnaie, notre législation : nous avons donné celles-ci au prétexte que « la mondialisation rend la souveraineté illusoire et que la mise en commun européenne était la seule manière de préserver une influence et une autonomie ».
En France, les politiques ont systématiquement démissionné de leurs responsabilités depuis 1983 ; l’effondrement de notre crédit public – dette et déficit – n’a rien à voir avec l’Europe. Nous avons réduit volontairement notre autonomie en laissant filer nos comptes. Méfaits de l’idéologie soixante huitarde, de l’ignorance et du mépris voué par les élites à l’argent, et suprême lâcheté de faire reporter sur les générations futures le passif qui en résulte n’a rien à voir avec les marchés financiers ou l’Europe de Masstricht, puisque les critères en question sont quasiment les « seuils » de perte de pouvoir, d’autonomie et donc de souveraineté reconnus par toutes les nations responsables.
Français, les Allemands vous paraissent-ils subordonnés aux oukases européens ? Si la réponse est négative, comme pour les anglais d’ailleurs, c’est au regard du contenu du 4ème paragraphe.
Ainsi la souveraineté est-elle l’avenir de la France. L’intergouvenemental, et non le consensus d’abandon, est la seule méthode qui vaille. De Gaulle avait raison.
La France croit encore que parce que les taux sont négatifs, elle ne va pas payer sa dette ? C’est oublier qu’une attaque ciblée est possible, sur un pays. Et que cela peut tout à fait concerner un grand, puisque Espagne et Italie en font les frais.
La perception française de l’Europe, schizophrène – oublions-nous les milliards de la PAC, EADS, etc. ? – reproche à l’Europe ce que nous lui avons donné, sans contrepartie. La soviétisation moralisatrice des élites a si bien réussi que personne ne constate un instant le jeu de bonneteau dont nous avons été l’objet. Cette soviétisation, c’est la ransformation d’un courant de pensée, concurrencé dans les années 50 à 80 (cf. les oppositions entre Monnet, Schumann, Erhard, Giscard, Schmitt… qui faisaient autorité !) en solution unique, sans alternative possible rendu crédible par auto persuasion et matraque médiatico-politique.
Les Français, théoriciens, moralistes abstraits depuis 1789, sont les champions du fédéralisme. A ceux-ci, Anglo-saxons et Allemands confient des postes exposés et sans grand pouvoir, à mesure que notre influence diminue, pendant qu’ils maintiennent leur contrôle des secteurs stratégiques via les lobby, mais aussi une règle claire, nationale, démocratique : tout est négocié, rien n’est mutualisé. Le contraire de la France.
Exemple : l’industrie de Défense. Elle piétine « lamentablement » diront les euro-veaux. Les faits : en 1998 le grand europhile J. Chirac lance à St Malo le projet d’industrie européenne de la défense. Des commissions inutiles, technocratiques, des stratégies fumantes sont créées. Summum de la manœuvre, l’agence européenne de la défense, délégatrice des compétences des états. Qui a élaboré un tel « machin » ? Les Français. Qui a renforcé son industrie de défense en bloquant tout ce qui serait contraire à son intérêt ? L’Angleterre.
Résultats, les idiots se lamentent du piétinement… les lucides se réjouissent que l’Europe échoue avec des politiques inaptes, seul l’intergouvernemental pouvant fonctionner. Si nous avons réussi à avoir des Français aux bons endroits en réintégrant l’OTAN, nous avons perdus ces postes dans l’UE par adhésion aveugle au communisme européen qui consiste, aujourd’hui encore, à marteler : « Il faut davantage d’Europe ».
Que faut-il pour que l’Europe redevienne un pôle économique attractif ? L’intégration est une solution économique et théorique repoussante, nivelant, sacrificielle, mais les nations et les différences européennes s’y opposeront de plus en plus, à juste titre, de par l’injustice caractéristique de la politique européenne (à la sauce française) : un barbarisme nous était donné à Sc Po pour désigner cet eden, détourné de son sens original ; la zone monétaire optimale, doublée de la zone économique homogène, dont les USA sont le prototype. Où voyons-nous que nous sommes comme les Polonais, marqués par 50 ans d’occupation soviétique et dépecés depuis 3 siècles, ou les Roumains et mieux encore, les Turcs ?
Des euro-dettes, un euro-gouvernement, des euro-impôts, une euro-défense… c’est là le décalque de l’URSS, à la française.
Si l’on devait suivre une voie nationale, responsable et compatible avec une stratégie européenne d’influence, que proposerait-on ?
Désendetter la France, réduire la charge fiscale, refondre totalement l’Ecole devenue incapable de former des élèves, réduire la complexité administrative et législative destructrice d’emplois, supprimer la moitié des élus – nous avons le ratio de la Chine communiste… – et travailler 40 h par semaine, « arrêter d’emmerder les Français » (G. Pompidou) en les laissant entreprendre.
En quoi l’Europe permettrait elle de trouver le courage de réaliser de telles réformes devenues impérieuses ? Ce n’est pas à l’Europe, mais aux décideurs élus de le faire.
Mme Merkel a admirablement bien tenu son contrat de gouvernement, peut être aussi bien qu’Adenauer jadis. Pendant que les « intellectuels » français glosent sur l’effondrement démographique et les limites du modèle allemand en proposant de rouler dans des voitures en carton mais en ayant une Audi dans la cour, elle montre que la chose qui compte est de rassembler le Peuple vers un objectif commun. Pour cela, ce ne sont pas des gens normaux que le pouvoir demande, mais des chefs.
Commentaires sur Facebook
Corbulon est catholique, marié, père de cinq enfants. Il n'est pas uniquement râleur et conservateur malgré un style que son métier hospitalier l'oblige à arrondir.
Nullement aristocratique, il désespère de voir les libéraux acquérir une place qui ne se réduise pas à l’économisme et la Cité catholique oser retrouver confiance dans le message que celle ci offrit au monde dont la paganisation n’augure rien de bon.
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