Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

In-di-gna-tion !

Par • 22 sept, 2012 • Catégorie: Réflexion faite

Relisant ces jours ci les grands cimetières sous la Lune, il semble certain que la bataille que l’Eglise en France va devoir livrer sera de l’ordre de la préservation, ou de l’anéantissement de la place du courage dans l’annonce du message évangélique par l’Eglise.

Un 15 aout, entendre raisonner sous les voutes –en bon béton, puisque la précédente église St Louis fut rasée par les anglo US durant la guerre- le message de consécration de la France à la très sainte Vierge et la défense de la famille m’a subitement replongé dans l’époque où l’Eglise avait quelque chose à dire.

Mais de quoi parle t’il donc, ce réactionnaire ? Vos éminences, de votre courage à dire que la Vierge protège la France depuis 1636 et que l’Eglise, Rome, la Foi catholique, l’Eglise annonçant la Vie par l’entremise de la Vierge, ne peut rester silencieuse face au gadget annoncé par les gogos, le « mariage homosexualiste ».

Voyons, il vous faut écouter les différences, et l’Eglise ne peut les écarter ; le débat doit exister, même au sein de l’Eglise. Assurément non, Eminence ; voyez, je ne suis pas catholique comme je suis de droite, pour ou contre. D’ailleurs, pourquoi parler vous de débat ? Ce n’est pas le Je qui est ici objet du délit, c’est le « nous, Eglise catholique », celui du message nouveau dans la morne plaine brûlée non par la canicule – à Brest, il fait beau plusieurs fois par jour-, mais l’immense flot des bêtises laïques.

Qu’entendez-vous par là mon enfant ? (L’Eminence commence à se dire qu’il est tombé sur un réac… mais cela me rappelle juste une chanson de Bobby Lapointe).

Eh bien, votre Seigneurie, cela me rappelle que le scandale permanent de l’Eglise est son existence. Le scandale insupportable aux masses progressistes est que depuis 4 siècles, la permanence s’oppose à la mode. L’Eglise est intemporelle, la modernité s’enfonce dans l’instantané et donc le périssable. Voyez, votre Seigneurie, l’Eglise ne peut faire comme en Amérique latine, ou en Espagne, id. se draper dans le digne silence. Le silence est une arme de l’esprit, et saint qu’il est chez nous, catholique, il doit pousser le Malin, le moderne, dans le fracas de ses tactiques usuelles, celles de la tentation du combat, et du bruit médiatique. Les réguliers s’occupent du silence, les séculiers sont dans la cité, ils ont une légitimité autre que celle de quelques sondages sur 996 personnes.

Pourquoi monsieur l’Eglise ferait comme le Malin, je ne vous suis pas, vous êtes contre le débat, la tolérance, et pour employer les armes du Malin ? Monseigneur, vous êtes trop auguste jés’ pour me savoir adepte de ces artifices. En faisant du bruit, l’Eglise rappelle que la norme politique est subordonnée à une théologie morale, à la préservation du plus faible. Admettons qu’il n’existe pas de loi naturelle, à l’exemple de la logique juriciste développée par les Mécary et autres, ils s’en remettent à la loi pour imposer un ordre : c’est une violation flagrante de la liberté, qui est d’autoriser tout ce qui n’est pas interdit. Dés lors, l’état législateur en France, impuissant en tout, devient un état moralisateur, et de là, un état total, dictant les normes du Bien et du Mal, au-delà du prétexte de l’égalité. L’égalité, c’est pour les veaux, c’est plus simple à décréter qu’à faire ! Combattre l’homosexualisme, ce n’est pas envoyer tous ces païens, athées vers leur profonde bêtise.

Bêtise ? Vous êtes intolérant. Parfaitement Monseigneur, je ne tolère pas que quelques sondages, vienne saper le fondement de notre civilisation. Vous me dites intolérant ? Mais Monseigneur, vous souvenez vous de la philippique de Bernanos «  votre profondeur erreur est de croire que la bêtise est inoffensive ». Mgr Barbarin a compris, c’est une excellente chose. Violer la chaisière laïcarde, la Libération illettrée, avec ses méthodes.

Eh bien Monseigneur, tant de compromission de la part d’un évêque, voilà de la bêtise. Le cardinal archevêque n’est tout de même pas un cuistre. Au fond, il ne fait qu’affirmer le caractère éternellement nouveau du message du Christ. Au lieu de nous magnifier en bêlant la « femme modern e », il campe l’éternelle perfection féminine de la Vierge, mère et modèle de tous. Le travers originel du clergé moderne, en France, est de confondre la méthode et l’objectif : écouter, écouter, discuter… Vos adversaires, ceux qui veulent que l’Eglise se rende, disparaisse, pour instituer leur religion de la « compréhension  pathétique » ne veulent, eux, que vous liquider. Vous ne résistez plus, vous vous êtes soumis. Monseigneur, je croyais le pédagogisme réservé à l’Ecole laïque, l’école d’état ; Auriez-vous le secret dessein d’une église, demain, à la manière des soviets ? Avec un clergé républicain ? Ou avez-vous oublié votre sacrement ?

Vous êtes un révolté, Ca ne plait pas aux jeunes ! bien au contraire votre Superbe, les jeunes ont foutu le camps des églises, parce que lorsqu’on est jeune, on veut se singulariser, et croyez moi, affirmer la chasteté, le don de soi à un être unique, différent, là sera la victoire finale de la Foi, par la jeunesse : c’est tout de même plus osé de se revendiquer de Sainte Zita que de Ferdinand Buisson ! Les jeunes ne sont pas des australopithèques, ils veulent se rassembler, mais jamais se ressembler, en dépit du cul de sac dans lequel l’Eglise s’est fourvoyée à l’âge de mes parents, du style « aimez-vous », copulez, abêtissez vous.

Comment osez-vous parler ainsi du Concile ? Lequel, votre éminence ? Arrêtez de dire que tout sort de Vatican II. Merci à Pie XII d’avoir institué le dogme de l’Immaculée. Vous êtes le successeur des apôtres, pas du bas monde. Vous passez votre temps à vous draper dans des brevets d’homocompatibilité ! Naturellement que nous les respectons, mais le guide spirituel fourni par l’Eglise est de leur faire entrevoir le Royaume, et les ramener vers l’autre sexe, c’est les ramener à l’Humanité, non à la stérilité. Comme les musulmans, il faut avoir la Foi de convertir au Christ.

Mais là, à la manière de Léon Bloy, il me paru judicieux de ne pas livrer la guerre de trop, celle contre les Robots…

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est catholique, marié, père de cinq enfants. Il n'est pas uniquement râleur et conservateur malgré un style que son métier hospitalier l'oblige à arrondir. Nullement aristocratique, il désespère de voir les libéraux acquérir une place qui ne se réduise pas à l’économisme et la Cité catholique oser retrouver confiance dans le message que celle ci offrit au monde dont la paganisation n’augure rien de bon.
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