Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Corbulon

Corbulon, à l’instar du général qui portait ce nom, pense que la société qui renie les traditions de ses pères est condamnée. Issu d’un milieu libéral et provincial, il embrasse davantage la Foi catholique à chaque enfant que sa femme lui donne, ce qui finira par en faire un vrai réactionnaire, au delà du conservateur qu’il est. Viscéralement attaché à la France, son passage à Sciences Po et au Moyen Orient ne fit qu’aggraver son patriotisme romain et poitevin, cocktail totalement déplacé mais authentiquement fécond en diatribes imaginatives.

Amoureux des grands espaces, des architectures dans lesquels le génie de l’homme a pu exprimer son espérance et sa quête de divine perfection, il ne goûte guère aux plaisirs des masses, et se méfie des ces dernières. Nullement aristocratique, il désespère de voir les libéraux acquérir une place qui ne se réduise pas à l’économisme et la Cité catholique oser retrouver confiance dans le message que celle ci offrit au monde dont la paganisation n’augure rien de bon.

Indécrottable râleur, amateur de Chinon et de Chartreuse, il imagine réconciliés la France et les Français, la première comme fille ainée de l’Église, les seconds comme conquérants de l’Universel, lui qui donne à droite et là gauche un sens politique exigent et nullement abstrait. Saint Augustin écrivait « crois et tu comprendras ; la foi précède, l’intelligence suit », une sorte de programme pour le demi siècle qui vient…