Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Henry le Barde

Henry le Barde avait tout pour devenir un authentique réactionnaire : il n’aime pas beaucoup son époque, craint les dictatures modernes, celles de l’argent, du peuple, de l’opinion et du progrès.

Seulement Henry le Barde est catholique. Il pense donc qu’il est de son devoir de chrétien de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur, libérateur et respectueux de la création du 6e jour : l’homme.

Contrairement à la mode ambiante, il croit à la pertinence d’un clivage droite – gauche et refuse la facilité consistant à prétendre se placer au-dessus et l’orgueil visant à le dépasser. A cet effet, il a choisi le premier camp, en comprenant que des chrétiens puissent, en conscience, choisir l’autre.

Il regrette que le beau mot de libéralisme soit cantonné par ses thuriféraires comme par ses contempteurs aux baisses d’impôt, à la course éternelle au profit sans limite et à une construction européenne privée de ses racines. Il préfère, avec (et surtout après) Bernanos, s’interroger : « La liberté, pour quoi faire ? »