Louis XIV

Raison suffisante et suffisance de l’homme

La conscience de l’homme a été enténébrée par le péché originel : sa volonté en est restée blessée.

Certes il est encore capable de vouloir le Bien mais sa volonté est désormais défaillante. Il peut encore entrevoir la lumière mais dérive inexorablement vers les ténèbres. Telle est la condition de l’homme déchu.

Certes la raison technicienne est extrêmement puissante et inventive mais elle est déconnectée de la sagesse, de la saveur du vrai et de la joie du bien.

Elle n’est qu’un outil mais pas une lumière susceptible de nous guider dans l’existence, de discerner le sens de ce que nous vivons ou d’identifier le Bien et le Mal.

Dans ces conditions ériger la raison en mesure de toute chose comme ont prétendu le faire les Lumières ce n’est rien d’autre que signer un chèque en blanc à une somme d’intelligences humaines.

Des intelligences humaines limitées et sujettes à l’erreur. Des intelligences humaines donc mues par des passions humaines plus ou moins conscientes, souvent inavouables et toujours inavouées. Comme l’écrivait Blaise Pascal : « tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment ».

La raison qui prétend ignorer ses limites c’est la raison suffisante par excellence. C’est la raison de l’homme qui, par suffisance, décrète arbitrairement que sa capacité de compréhension doit être érigée en mesure de toute chose.

C’est le refus d’admettre que, pour reprendre Pascal, « notre intelligence tient dans l’ordre des choses intelligibles le même rang que notre corps dans l’étendue de la nature ».

Mais ce n’est pas à la raison qu’il faut imputer cette prétention délirante !

En effet l’intelligence et la liberté sont les moyens que Dieu donne à l’homme pour pouvoir Le reconnaitre et c’est d’ailleurs au nom de la foi que le chrétien affirme le pouvoir de la raison humaine.

Cette prétention délirante n’a pas pour origine une faute de raisonnement. Elle n’est pas née d’un défaut de la raison : elle n’est pas imputable à la raison de l’homme mais à son orgueil !

C’est cet orgueil chimiquement pur qui a engendré cette pétition de principe à la fois absurde du point de vue logique et monstrueuse du point de vue déontologique selon laquelle son intelligence est la mesrue de toute chose.

Cette prétention délirante, semblable à ce que les psychologues appellent une bouffée délirante, est du point de vue spirituel un pur blasphème.

Un blasphème consistant à vouloir se faire prescripteur du Bien et du Mal à la place de Dieu et dont la première apparition dans l’histoire de l’humanité est restée dans la mémoire collective sous l’appellation de péché originel.

C’est pourquoi la Vérité de Dieu n’est accessible que dans la mesure où l’homme est lui-même délivré de son péché et de son aveuglement.

Pour accéder à cette vérité il ne suffit pas de mobiliser son intelligence, ses connaissances ou de faire des recherches : il faut d’abord se mettre à prier pour purifier son cœur de la haine et de l’orgueil et laisser la lumière de Dieu éclairer son regard.

C’est un processus de transformation intérieure permanent que l’on appelle la conversion du cœur.

Si l’on veut permettre à la raison de se déployer, il faut commencer par purifier son âme de l’orgueil.

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