En matière de foi l’absence de preuve n’est pas un problème
Par Louis Charles • 9 jan, 2012 • Catégorie: Réflexion faite
En matière de foi l’absence de preuve, au sens scientifique du terme, trouble de nombreux indécis et même certains croyants.
Mais c’est précisément cela qui est étonnant : que cette absence sème le trouble.
Car l’absence de preuve est sans doute dommage – on aurait bien aimé être définitivement fixé une fois pour toute – mais n’est pas un drame en elle-même.
Après tout qui a épousé son conjoint après que celui-ci lui ait prouvé son amour ? Personne. Nous nous marions parce que quelqu’un nous déclare son amour et que nous lui faisons confiance sur la base d’un certain nombre d’indices convergents et sur la base de notre intuition qui est capable de comprendre sans pour autant être capable de démontrer.
Personne n’attend de son médecin qu’il lui démontre préalablement la justesse de son diagnostic pour accepter de suivre le traitement qu’il prescrit. On lui fait confiance éventuellement mais on n’exige pas de lui des preuves. Et si on décide de lui faire confiance c’est par ce qu’on s’est renseigné sur auprès d’amis ou de connaissances dont le témoignage nous semble, lui aussi, digne de confiance. On fait confiance mais pas aveuglément.
De manière générale nous passons notre vie à prendre des décisions sur la base d’une information lacunaire et imparfaite. Nous faisons habituellement confiance non pas sur le critère de la certitude absolue mais sur celui de la probabilité.
Nous nous appuyons généralement sur des faisceaux d’indices convergents plutôt que sur des preuves. Pourquoi faire une exception en matière de foi ?
La foi chrétienne nous est transmise de génération en génération depuis les apôtres et est elle-même héritée de la foi du peuple juif transmise, elle-aussi, de génération en génération pendant des siècles. Bien sûr aucune preuve ne garantit son origine divine mais nous avons suffisamment de faisceaux d’indices convergents pour lever les doutes raisonnables.
Il suffit d’appliquer à la révélation la méthodologie qu’utilisent quotidiennement les journalistes, les historiens, les services d’investigation de la police et les services de renseignement : le recoupement des sources.
Dans la révélation biblique la parole de Dieu est annoncée par la bouche d’hommes différents, vivant à des époques différentes, d’origines différentes et aux intérêts divergents qui ne se connaissaient pas, qui ne pouvaient pas se concerter et qui n’avaient aucune raison de se concerter. Les prophéties des uns ont été réalisées par les autres. Le Messie en étant l’accomplissement.
Et dans le Nouveau testament, nous disposons de quatre témoignages distincts (les quatre évangiles) qui correspondent dans les grandes lignes et ne divergent que dans les détails. Exactement comme les sources des historiens nous apprennent l’histoire de Rome.
Bien sûr ce n’est pas une garantie absolue de vérité, ce n’est pas une preuve : c’est un gage de vraisemblance et la plupart du temps ça nous suffit. Nous nous en contentons bien volontiers quotidiennement dans tous les domaines de la vie sans considérer que c’est absurde ou illégitime.
Pourtant certains font une exception en matière de foi et nous-mêmes pouvons être tentés de le faire.
Pourquoi ?
Parce que les principales difficultés en matière de foi ne sont pas de nature rationnelle mais plongent leurs racines dans notre cœur.
Louis Charles a été nourri dès sa plus tendre enfance à la presse catholique de gauche pour enfants (Okapi), y a miraculeusement survécu et en a conçu une méfiance profonde pour les idées reçues.
Il considère que la fécondité à long terme constitue un bon critère de discernement et s’intéresse prioritairement aux vérités qui ont déjà été éprouvées, d’où son intérêt pour les leçons qu’offre l’histoire et pour les traditions en général.
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Il y a assez d’évidences pour croire et assez d’obscurités pour continuer à Le chercher et ne pas croire qu’on puisse mettre la main sur Lui. « Il ne faut pas qu’il ne voie rien du tout; il ne faut pas aussi qu’il en voie assez pour croire qu’il le possède, mais qu’il en voie assez pour connaître qu’il l’a perdu; car pour connaître qu’on a perdu, il faut voir et ne pas voir. » ( Pascal).
L’amour humain est aussi question de foi. Que serait un amour qui voudrait « prouver » à tout prix? C’est impossible. D’ailleurs, vouloir rendre raison de l’amour relève presque du blasphème. L’amour est comme la rose d’Angelus Silesius, « sans pourquoi ». D’un autre côté, l’amant cherche les signes de l’amour de l’aimée, ce qui est normal, et généralement ils les trouvent car l’amour, comme l’être chez Heidegger, « parle partout et toujours ». La foi, comme l’amour, marche aux signes, non à la preuve. Et contrairement à ce qu’on pense, loin de nous rendre aveugles, il aiguise l’acuité du regard. Mais ce n’est pas un regard scrutateur, mais celui d’un mendiant. Il ne se met pas en peine d’une démontration, comme Othello, mais de ce qui est invisible à tout autre que lui. Il en va pareil pour la foi. Heureusement que Dieu n’est pas un théorème:les sous-doués en maths seraient recalés!
[...] De l’engagement des religieux à la foi de chaque chrétien, il n’y a qu’un pas, que l’année de la foi, qui débutera le 11 octobre prochain, nous invite à franchir. Et pour préparer ce temps particulier, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié une note ! On y trouve le sens donné par le pape à cette année particulière, mais surtout des propositions concrètes pour mettre en œuvre cette proposition, à tous les niveaux. Les conférences Episcopales sont invitées, par exemple, à « republier les Documents du Concile Vatican II, du Catéchisme de l’Église catholique et de son Compendium, également en éditions économiques de poche, et de les diffuser plus largement à l’aide des moyens électroniques et des technologies modernes » ou encore à utiliser « les nouveaux langages de la communication » pour « promouvoir des émissions télévisées ou radiophoniques, des films et des publications – y compris au niveau populaire accessible au grand public – consacrées au thème de la foi, de ses principes et de ses contenus, ainsi que sur la signification ecclésiale du Concile Vatican II » (je constate juste qu’internet a été, une fois de plus, oublié !). En France, sur le site des évêques, vous pourrez ainsi trouver un dossier sur l’année de la foi, et un autre sur Vatican II (qui propose notamment comme ressource le site http://www.vatican2-50ans.fr). Le site des évêques belges (info.catho.be) propose un résumé de cette note. Radio Vatican en a bien évidemment parlé, et vous pourrez retrouver le texte ainsi que les précisions de Xavier Sartre à propos de cette note sur le site internet de la radio. Si vous vous posez encore des questions sur la foi, sur la nécessité d’avoir des preuves pour croire, je vous invite à ne pas manquer l’excellent article de Louis Charles sur Le temps d’y penser. [...]
Cher Louis Charles,
Je ne vous connais que par vos écrits :ils sont bouleversants de bon sens et d’intelligence. Continuez donc ainsi.
Pax Christi.
D’accord, Louis Charles, avec l’essentiel de ce que tu dis.
Mais le « faisceau d’indices » par recoupement des sources dont tu parles ne donne qu’une probabilité, vraisemblance dont on se contente dans la vie quotidienne (« il est raisonnable de penser que… ») et, à un niveau supérieur, dont se contentent les historiens et les scientifiques (qui ne formulent que des théories).
Or la foi ne relève pas de la vraisemblance, mais bien de la certitude, et d’une certitude incommensurable à celle d’aucune science.
Sur la question préalable de la compatibilité entre foi et preuve rationnelle de l’existence de Dieu (« si l’existence de Dieu était prouvée, on n’aurait plus besoin de croire »), il faut tout d’abord noter que voir ne dispense pas de croire, non plus que croire n’exclut de voir. Même quand on voit, il faut encore en croire ses yeux. Ainsi en est-il devant une preuve de l’existence de Dieu : même prouvée, celle-ci ne s’imposerait pas nécessairement à moi en faisant violence à ma liberté, car encore me faudrait-il en croire ma raison, accepter de croire en l’évidence -ce que toujours, étant infiniment libre, je peux vouloir refuser-.
La certitude naturelle, qu’elle soit sensible (si le Christ m’apparaissait ou si des morts, comme Moïse, revenaient pour nous avertir) ou intelligible (celle d’une preuve de l’existence de Dieu) ne constitue pas un obstacle à l’exigence de la foi car jamais une apparition ou la nécessité la plus inéluctable n’ont suffi à emporter l’adhésion, à susciter la foi. La foi reste une grâce, c’est-à-dire un don gratuit de Dieu, même devant l’évidence. Il n’y a donc pas à craindre qu’aucun raisonnement logique ne contraigne notre liberté ; devant une preuve de l’existence de Dieu, il est encore besoin de croire (en sa raison, en la validité de la logique, en l’évidence). Bref, la certitude naturelle est compatible avec cette certitude surnaturelle qu’est la foi.
Et en effet la foi ne s’oppose pas non plus à la nécessité rationnelle comme l’incertitude à la certitude (la seconde abolissant la première). L’existence de Dieu est aussi évidente au regard de la foi, aussi absolument certaine et indubitable (en fait, elle l’est plus encore…), que la lumière du jour : j’ai beau ne pas savoir ce qu’est la lumière (corpusculaire ou ondulatoire ?), une telle ignorance ni n’en affecte l’évidence ni n’en atténue l’éclat. Et ne pas savoir ce qu’elle est ne me conduit pas à douter de son existence. Il en va de même pour Dieu : je peux ne pas savoir qui est Dieu mais savoir que Dieu existe, avec une certitude absolue. Il n’y a pas de doute dans la foi, elle n’est pas une simple opinion, éventuellement susceptible de révision ou de degrés dans la conviction : elle est une vraie connaissance et même une certitude supérieure à celle que un et un font deux (car 1 + 1 = 2 n’est vrai que sous certaines conditions, que relativement à certains postulats bien précis).
Or la certitude que Dieu existe, qu’elle soit, maintenant, naturelle ou surnaturelle, doit être une certitude absolue. C’est-à-dire une certitude qui ne soit suspendue à aucune condition. C’est ainsi seulement qu’elle peut être conforme à son objet. On ne pense pas Dieu si on le pense conditionné. Ce qui est conditionné suppose, antérieurement à soi, une réalité qui le conditionne. On ne pense pas Dieu, même pour le nier, si on le pense tel qu’il suppose une réalité qui lui soit antérieure.
C’est là que se fonde la certitude, cette fois naturelle, purement intellectuelle, de l’existence de Dieu. Dieu est sans condition : c’est une définition. Il est l’inconditionnel. Si l’on nie qu’il y ait un Dieu, alors ce que l’on nie, c’est qu’il y ait de l’inconditionnel. Mais alors il faut penser que tout est conditionné sans que rien ne conditionne rien si ce n’est en y étant soi-même conditionné par un autre et ainsi à l’infini. Sans jamais rien par soi, par quoi le reste soit. Sans jamais rien qui se suffise et par là suffise à quelque autre. Il faut penser une infinité d’êtres à ne pas se suffire les uns les autres, une insuffisance infinie à ce que soit quoi que ce soit, une infinité de conditionnés sans jamais rien qui conditionne vraiment, c’est-à-dire à partir de soi seulement, par soi seul et sans condition. Il faut penser un conditionné sans conditionnant, ce qui est une contradiction dans les termes et revient à ne rien penser.
Mais telle est la liberté de l’esprit qu’il lui est toujours possible de préférer se contredire. Surtout quand il n’a d’autre choix que de se contredire ou de reconnaître dans l’inconditionnel Celui qu’il n’est pas.
Il est vrai que puisqu’on ne peut penser le conditionné sans conditionnant ni le conditionnant autrement qu’inconditionné, la liberté peut préférer la négation de l’inconditionnel comme de tout conditionné : ni conditionné, ni conditionnant pur et inconditionné -un pur et simple non-sens-. Mais le Sans condition qu’elle revendique alors n’est concevable vraiment tel que s’il l’est sans être enfermé dans cette condition de n’être que sans condition. Le véritable Sans condition c’est Celui que ne conditionne pas même cette condition, c’est justement l’Inconditionnel capable d’assumer ainsi, dans l’Incarnation, la condition d’un être conditionné.
C’est pourquoi le Dieu des philosophes n’est pas opposable à celui d’Isaac, d’Abraham et de Jacob. C’est la raison même qui conduit jusqu’à la déraison de l’Incarnation et de la Croix, d’un Dieu capable de se faire homme et de mourir. Et de mourir sur une croix -la croix de notre refus-.
@Thibaud
« la foi ne relève pas de la vraisemblance, mais bien de la certitude »
Certes. Je n’assimile pas la foi à une forme dégradée de certitude ou à une certitude par défaut.
Je dis juste que le mode de la preuve est un mode de connaissance d’un usage extrêmement limité dans la vie et que, pour cette raison même, il manque de légitimité et quand on aborde la question de la foi.
Je me place pas sur le terrain philosophique de la « compatibilité entre foi et preuve rationnelle de l’existence de Dieu » mais sur le plan méthodologique et déontologique. Le besoin d’avoir une preuve nous renseigne sur nos propres besoins – on aimerait tellement avoir une preuve – mais pas du tout sur Dieu.
« voir ne dispense pas de croire (…) il faut encore en croire ses yeux ».
C’est là que je voulais en venir.
La question ultime n’est pas celle de l’accès à la vérité mais de l’acceptation de la vérité.
C’est une question qui n’est d’ailleurs pas spécifiquement religieuse.
C’est même le problème auquel se heurtent régulièrement les services de renseignements quand ils annoncent une mauvaise nouvelle à leurs gouvernements.
Les gouvernements français et britanniques n’ont pas voulu tenir compte des alertes lancées par leurs propres services de renseignement qui avaient réussi à casser le chiffre des communications militaires allemandes et avaient découvert l’imminence de l’invasion de la Pologne. Ils savaient ce qui allait se passer mais n’ont pas voulu le savoir.
De même Staline n’a pas voulu croire son maître-espion Sorge quand il lui annonça la rupture unilatérale par Hitler de l’alliance germano-soviétique et son plan d’invasion de la Russie.
Bonsoir à tous.
Mon commentaire s’adresse surtout à tout ceux qui vive la nuit de la foi, ou le doute, et pour qui croire est loin d’être évident.
On est bien là au coeur de la foi, merci pour ce sujet qui sera toujours d’actualité.
C’est une question extrèmement difficile, qui se divise à mon avis en deux étapes.
D’abord, existe -t-il une ou plusieurs entités éternelles qui soient à l’origine de tout l’univers, y compris l’espèce humaine ?
Ensuite, si la réponse est oui, correspondent-elles au Dieu chrétien ?
Si je réponds à nouveau oui, je peux enfin envisager d’aimer ce Dieu ou de l’ignorer. Le Diable, pour les chrétiens qui y croient, (pour les chrétiens qui n’y croiraient pas, essayez de réfléchir pourquoi vous ne faites pas confiance en l’Eglise sur l’existence du diable…), le Diable,donc, fait le choix de ne pas aimer Dieu. Mais il n’a pas fait le choix sur un point: il est obligé de croire en l’existence de Dieu.
Pour une raison simple, Dieu s’est communiqué à lui.
Et c’est le cas pour toute personne vivante dont on croit en l’existence: on a vu cette personne ou on l’a entendue. Il n’y a plus de choix de remettre en cause l’existence de cette personne.
On peut croire aussi en l’existence d’une personne parce qu’on a entendu parlé d’elle dans un livre (Livre), ou par une autre personne intermédiaire (témoin).
Lorsqu’on parle de quelqu’un d’autre, de deux choses l’une: soit on l’a rencontré, soit on a entendu parlé de lui. Dans un cas, il y a relation, dans l’autre, il n’y en a pas.
Lorsqu’on parle d’une personne qu’on a rencontré à un interlocuteur, on parle d’abord de la relation qu’on a avec elle, de ses qualités, de ses défauts, de ce qu’elle nous a dit, de ce qu’elle nous a fait.
Mais lorsqu’on parle d’une personne qu’on n’a jamais rencontré, on parle de ce que les autres nous on dit, ou de ce qu’on a lu.
Ainsi, je pense qu’il faut faire attention lorsqu’on parle de l’existence de Dieu, de ne pas parler de Lui comme si on ne l’avait jamais rencontré nous même, c’est à dire de faire d’abord référence à ce qu’en dise les autres, l’Eglise, l’Ecriture, les différents croyants, sans expliquer comment se déroule les rencontres avec Lui, ce qu’Il vous dit, ce qu’il fait et ce que vous avez vu qu’il avait fait.
Imaginons donc cela: Jésus vous apparait réellement avec son corps d’homme chez vous dans votre chambre. Vous racontez cette histoire à quelqu’un qui ne croit pas en Dieu. Et bien, vous ne lui ferez aucune démonstration rationnelle, mais vous essaierez de le persuader en lui donnant le maximum de détails sur cet événement extraordinaire et vous parlerez de ce que vous avez ressenti, de ce qu’il vous a dit et de ce que vous avez fait ensemble etc …
Mais le problème est que Dieu ne se manifeste pas aussi clairement que cela.
Aussi, il faut peut être faire preuve d’humilité, et purifier son expérience de Dieu. Je m’explique: que penserait Dieu en nous voyant prier dans notre chambre et nous imaginer entendre des choses de Lui, alors qu’il ne nous dit rien. Que penserait-il d’un chrétien qui, souhaitant tellement que Dieu Lui parle, se met à voir des messages de Lui un peu partout, alors qu’Il ne s’est pas adressé à lui. Dieu le prendrait pour un orgueilleux pour qui parler à Dieu est chose facile, contrairement au commun des mortels. Il se ferait même une fausse image de Dieu, et pour tout dire, il prierait un dieu imaginaire, et tant qu’à faire, un dieu à son image. Une idole.
Admettre que Dieu ne nous parle pas, et admettre par conséquent être dans l’incapacité de témoigner de Lui, c’est sans doute mieux Le respecter, que de parler de Lui sans l’avoir jamais rencontré.
Si la foi est une relation vivante et actuelle, pourquoi parler de son existence comme de celle de Jules César, rapportée par des écrits et les témoignages de génération en génération ?
Aussi, si je puis me permettre, si vous avez vu apparaitre Dieu dans votre chambre, pouvez-vous raconter comment s’est déroulée la rencontre, ce qu’Il a dit, ce qu’il a fait, et ce que vous avez ressenti ?
Car je suis bien d’accord avec Louis Charles, la preuve scientifique ne sert pas à grand chose, dans la mesure où Dieu ne laisse aucune trace de son existence dans le monde à part l’expérience qu’en ont fait ceux qui l’ont rencontré. Les évangiles ne sont rien d’autres que des témoignages de gens qui disent l’avoir rencontré, reconnus par d’autres gens qui disent l’avoir rencontré.
D’où le double problème:
1 – Il n’est pas possible de croire en Dieu sans l’avoir rencontré.
2 – Pour ceux qui n’ont pas rencontré Dieu, ceux ci doivent se contenter d’hypothèses. Ne pas admettre ce silence de Dieu, c’est s’exposer à croire n’importe quoi. La prolifération des religions le prouvent: beaucoup de personnes n’admettent pas de ne pas pouvoir communiquer avec une divinité et s’en invente une.
S’inventer des vérités, manger le fruit de la connaissance pourtant interdit est une expérience éternelle de l’humanité qui doit mettre en garde l’homme que Dieu ne lui parle que s’Il le veut bien, et de ne pas se venger en adorant un autre dieu, le veau d’or des croyants orgueilleux qui entendent Dieu partout.
@ Louis Charles
J’ai deux belles citations sur la question :
Pie XII, dans Humani Generis : « Les hommes se persuadent facilement de la fausseté ou du moins de l’incertitude des choses dont ils ne voudraient pas qu’elles soient vraies ».
Dostoïevski, dans Les Frères Karamazov : « Un véritable réaliste, s’il est incrédule, trouve toujours en lui la force et la faculté de ne pas croire, même au miracle, et si ce dernier se présente comme un fait incontestable, il doutera de ses sens plutôt que d’admettre le fait ».
@Thibaud
Excellentes citations en effet ! ! !
J’aurais aimé exprimé ma pensée aussi clairement.
Merci de me les avoir fait connaître.