L’Eglise parle au monde mais que lui dit-elle ?
Par Henry le Barde • 5 jan, 2012 • Catégorie: Réflexion faite
Les catholiques sont décomplexés et c’est fort bien : ils interviennent dans la vie politique, économique, culturelle. Ils donnent leur avis, ils manifestent, ils bloguent… Le Vatican et ses porte-parole plus ou moins officiels rappellent à temps et à contretemps les exigences de l’Evangile et ses implications pour la vie en société.
Néanmoins de vieilles habitudes et de vieilles tentations demeurent qui rappellent l’attitude qu’a parfois eue l’Eglise vis-à-vis de la progression des sciences.
On le voit pour la théorie du genre, le fameux gender : les cathos ont tendance à contester en bloc cette théorie – même si certaines vérités avancées comme révolutionnaires par le gender enfoncent des portes ouvertes – par peur de l’exploitation politique qui en sera faite par des lobbies gays, féministes, etc. C’est une tentation à laquelle je n’ai pas totalement échappé.
On le voit aussi en économie : on s’empresse de contester des postulats qui sont pris dans un cadre scientifique – par exemple, la poursuite de l’intérêt par les différents agents économiques – par peur de voir ces postulats promus à la dignité de valeurs, au mieux amorales et au pire immorales. Et on oublie – ou plutôt on s’interdit – d’examiner ces postulats pour savoir s’ils sont vrais. Bref, on confond science économique et économie politique et, de manière plus générale, ce qui a trait à la recherche et les implications politiques qui en sont faites.
Pourtant, quand on fait de la biologie ou de la médecine, on trouve normal de se limiter aux cellules, aux synapses et aux réactions chimiques. Il est normal d’exclure l’âme ! Ce n’est pas pour autant que le médecin ou le biologiste croit nécessairement que l’homme n’est qu’un amas de cellules mû par des réactions électrochimiques.
Parfois, quand l’Eglise a peur de parler de Dieu et qu’elle cherche à laïciser son discours, elle sort même de son chapeau cette fameuse loi naturelle sur laquelle tout le monde est censé s’accorder, comme s’il existait une loi naturelle indépendante de la foi en Dieu…
Bref, en voulant étendre son discours et le présenter comme une donnée objective dans l’espoir qu’il soit accepté par tout le monde, l’Eglise et les catholiques disent parfois des bêtises (ce qui est dommage) et affadissent leurs discours et le contenu de la Foi (ce qui est grave). Elle transforme sa Vérité, sur laquelle elle détient un monopole, en opinion politique, qui devient alors un produit somme toute assez banal.
Bref, en voulant parler au monde, l’Eglise parle du monde. Et beaucoup moins de la Foi.
Henry le Barde avait tout pour devenir un authentique réactionnaire : il n’aime pas beaucoup son époque, craint les dictatures modernes, celles de l’argent, du peuple, de l’opinion et du progrès.
Seulement Henry le Barde est catholique. Il pense donc qu’il est de son devoir de chrétien de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur, libérateur et respectueux de la création du 6e jour : l’homme.
Il regrette que le beau mot de libéralisme soit cantonné par ses thuriféraires comme par ses contempteurs aux baisses d’impôt, à la course éternelle au profit sans limite et à une construction européenne privée de ses racines. Il préfère, avec (et surtout après) Bernanos, s’interroger : « La liberté, pour quoi faire ? »
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« comme s’il existait une loi naturelle indépendante de la foi en Dieu… » Absurde ? Eh bien, moi, j’y crois profondément. En nous créant, Dieu n’a-t-il pas laissé cette loi naturelle en nous, cette loi que nous pouvons retrouver par notre ratio, en laissant notre fides de côté ? À mon sens,c’est là toute l’entreprise de la philosophie, cette recherche du bien par le raisonnement. Je crains qu’en refusant à l’Eglise tout discours fondé sur des données objectives vous ne tombiez finalement dans le même piège que celui que vous dénoncez.
Tout cela n’empêche que je partage votre agacement devant des dénonciations approximatives, que je ne prêterais pas à l’Eglise, mais à certains catholiques.
Je mets ici la réponse que j’ai faite à une objection reçue par mail :
Pour vous rassurer quelque peu, non, je n’ignore pas le travail mené. Je me positionne moi aussi comme très critique vis-à-vis de l’exploitation qui peut être faite du gender.
Mais je ne compte plus les sites, y compris de la cef, qui présentent rapidement le gender comme une idéologie, comme si son but était prioritairement politique. Ce qui me paraît de mauvaise foi.
Tenez, ce lien : http://www.catholique-rennes.cef.fr/?Session-de-formation-sur-le&var_recherche=gender
Par ailleurs, ma critique ne portait pas que sur le gender, mais sur tous les sujets pour lesquels l’Eglise me semble se décrédibiliser en intervenant sur certains sujets. C’est le cas en économie, où, pardonnez-moi, mais je lis parfois un peu n’importe quoi sur la faute globale du libéralisme, du capitalisme, ce qui ne veut rien dire, mais est repris sur les blogs, en chaire et j’en passe.
Je ne prétends pas que toute l’Eglise se trompe sur tous les sujets. Je disais juste qu’il fallait faire attention à ce qu’on dit. Parce que, catholique ou pas, on n’est pas à l’abri de dire des choses fausses ou contestables que ce soit en science, en économie, etc.
Or l’Eglise n’est pas là pour asséner des opinions, mais la Vérité en laquelle nous croyons.
Bref, un sujet vaste et difficile à aborder en 4 minutes, j’en conviens… mais je pense qu’il méritait de l’être afin d’éviter au mieux les lieux communs un peu vides, au pire les erreurs qu’on regrettera encore dans quelques siècles…
@Vieil imbécile
Si la loi naturelle peut être trouvée par la seule raison, à quoi bon la révélation ?
« En nous créant, Dieu n’a-t-il pas laissé cette loi naturelle en nous, cette loi que nous pouvons retrouver par notre ratio, en laissant notre fides de côté ? »
Si c’est ça l’argument, alors elle n’est pas indépendante de Dieu !
À quoi bon la Révélation ? drôle de question, non ? En tout cas, elle me dépasse
. La loi naturelle nous permet de déterminer les règles de comportement entre les êtres humains, elle ne dit rien de notre relation à Dieu.
La loi naturelle indépendante de Dieu ? ben non, bien sûr : indépendante de notre foi en Dieu, ce qui est tout à fait différent ! Inscrite en nous par Dieu, on peut la redécouvrir par la raison, cf l’entreprise kantienne, contestable bien sûr, mais qui s’y attelle. Et il aboutit à l’impératif catégorique, qui me semble une merveille de règle de comportement : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ».
« L’Eglise n’est pas là pour asséner des opinions, mais la Vérité en laquelle nous croyons. »
Alors restons humbles dans nos positionnements et ouverts au dialogue qui permet lui aussi d’éclairer.
Cette vérité doit fonder nos opinions et éclairer nos réflexions.
Mais oui tout le monde peut se tromper
« En voulant parler au monde, l’Eglise parle du monde. Et beaucoup moins de la Foi ». Je pense qu’elle peut faire deux.
@ vieil imbécile
Oui, j’ai malgré tout du mal à voir des absolus hors Dieu.
Après, bien sûr que la loi naturelle est accessible par la raison. Mais elle me semble juste une morale utilitariste, de bon sens pour éviter à l’humanité de s’étriper. C’est un pis aller, en somme. Mais elle ne vise que la survie de l’espèce. On est donc loin d’un loi naturelle accessible par une Raison nécessairement éclairée par la Foi.
Je pense qu’on se trompe en combattant juste le relativisme, en fait. Le relativisme, c’est le monde sans Dieu. Donc, ne parlons pas de loi naturelle ou d’absolu quelconque atteignable hors Dieu. Annonçons Dieu. Enfin c’est mon humble avis…
@jonastree
Bien sûr que la Vérité doit fonder nos opinions ! Encre heureux
Mais le chemin entre cette vérité et les opinions, les actes, les choix, les partis pris est semé d’embûches, au premier desquelles l’orgueil (et si vous m’avez écouté ce matin, je me suis inclus dans ma diatribe
Annonçons Dieu ! Oui, bien sûr, c’est la voie royale, celle qui doit primer : votre avis a beau être humble, il n’en est pas moins éclairé
. Mais… mais il me semble bien que ce n’est pas l’unique. Cf l’article de Jean Mercier : http://j.mp/zP4Erw et la notion de pré-évangélisation développée par Paul VI dans Evangelii Nuntiandi.
On ne peut déconnecter la foi du monde sous peine de tomber dans un avatar du nestorianisme, hérésie pour laquelle la divinité du Christ était extrinsèque à son humanité. Dans ce cas de figure, nous fonctionnerions en « partie double »: chrétiens d’un côté, hommes « dans le monde » de l’autre, sans possibilité d’unification de nos vies. C’est d’autant plus absurde que le Créateur est aussi le Sauveur. Celui qui a créé le monde avec son intelligibité propre, est aussi Celui à qui nous donnons notre foi.
Certes, les sermons ne doivent pas devenir des cafés du commerce. Une certaine compétence est nécessaire, par exemple pour parler d’économie. Mais si nous nous polarisons uniquement sur les affaires du ciel, quelle crédibilité avons-nous? Autant rester dans nos sacristies. Jésus n’est pas resté attaché au service du Temple. Comme disait Nathanaël: « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon? » Et que répondrons-nous à ceux qui nous demanderont pourquoi notre Dieu s’est incarné?
@ Jean-Michel Castaing
Oui, je suis d’autant plus d’accord avec vous que je le dis dès mon préambule qui n’a rien de décoratif. Après, on peut simplifier mon propos pour le faire entrer dans le modèle d’une hérésie existante, mais je plaide non coupable
Pour être encore plus clair, je dis juste que, quand l’Eglise, par la voix d’un dicastère, parle d’une autorité mondiale pour réguler la finance, quand les sites officiels de la cef assènent de but en blanc que le gender est une idéologie (façon moderne de désigner ce qu’on croit faux et ce qu’on veut faire passer pour tel), quand les chrétiens indignés sortent un texte où se retrouve cette phrase magnifique : « tout se tient » pour jeter aux orties quelques siècles de pensée libérale (comme d’autres le font avec le Moyen-Âge), ces catholiques doivent accepter que d’autres chrétiens trouvent ces opinions, qui ne sont plus du domaine de la Foi, soient fausses, partielles, partiales ou discutables. Les mails que j’ai reçus me confirment que beaucoup de catholiques ont du mal à discuter entre eux et croiraient presque qu’on touche aux dogmes (j’exagère, certes) à la première critique venue !
Que l’Eglise rappelle le rôle central de l’homme dans nos politiques économiques ou dans les implications des découvertes scientifiques, c’est son rôle, je n’ai cessé de le dire et le redis ici pour les oublieux.
La théorie du genre est évidemment une idéologie visant à effacer les différences entre le sexe masculin et le féminin. On ne naît ni homme, ni femme, on le devient. Le mondialisme vise à uniformiser le monde en supprimant les frontières, qui impliquent des différences culturelles, les races par l’idéologie du métissage et les sexes grâce à la théorie du genre. Marx observait déjà que le capitalisme détruisait toutes les valeurs traditionnelles qui étaient des obstacles à son expansion. A mon sens, vous n’êtes en aucun cas un conservateur car vous vous inscrivez dans l’idéologie du progrès.
Avec Vatican 2, l’Église s’est ralliée au mondialisme. Son idée de contrôler la finance grâce à une instance mondiale va dans le sens des préconisations de Jacques Attali et de son obsession de l’instauration d’un gouvernement mondial.
Quant à la prétendue différence entre économie politique et science économique, elle est purement factice. Lorsque l’économie a pris le pas sur la politique, elle s’est vue parée de l’attribut scientifique rendant impossible tout débat d’idées.
@Larmo
Vous pouvez soutenir toutes les idées que vous voulez et je suis évidemment prêt à les discuter. Mais si vous les faites passer pour des conséquences directes (et exclusives) de la Foi, vous tordez celle-ci pour la faire coller à vos opinions particulières. Bref, en terme de relativisme, ça se pose là. Sauf que là, c’est la Foi dont il s’agit.
Conservateur… Mouais. Conservateur, ce n’est pas réactionnaire, même si en France, par grave défaut des premiers, on a du mal à faire la différence…
Et même si je suis un faux conservateur, qu’en ai-je à faire ? Je serais bardien, ça me suffit !
Cette querelle absurde des Anciens et des Modernes n’est que le fait de caricatures de chaque côté.
« Quant à la prétendue différence entre économie politique et science économique, elle est purement factice. Lorsque l’économie a pris le pas sur la politique, elle s’est vue parée de l’attribut scientifique rendant impossible tout débat d’idées. »
Vous avez sans doute raison. Toute la science économique n’est que mirage. Il suffit de l’affirmer.
La foi est purement personnelle. Bien sûr, l’Église peut apprendre aux fidèles comment approfondir leur foi. Mais, au final, la croyance de l’homme en Dieu est une démarche individuelle qui peut naturellement s’exprimer de manière collective, notamment à la messe ou en pèlerinage.
L’ Église a un rôle social, moral et doit constituer le garde-fou, le ciment de nos sociétés. Il me semble qu’elle est de moins en moins encline à assumer ces attributs. Elle doit diffuser le message d’amour du Christ en s’efforçant d’aider les plus pauvres. L’Église est une instance totale qui doit parler de tous les sujets de société et pas seulement de foi car c’est déjà à partir de nos actions terrestres que nous serons tous jugés. Il ne s’agit donc pas seulement de croire mais aussi de faire. Je suis porté à croire que l’action est nettement plus difficile que la croyance.
« Bardien » ça sonne pas mal
Je vais te surprendre : j’aime bien ton article. Je te rassure je n’ai pas changé d’avis, mais ce que j’apprécie c’est ta franchise. Tu assumes de ne pas être d’accord avec des prises de position de l’Eglise, dont des prises de position très officielle (je n’ai pas dit dogmatique soyons clair) qui pour certaines sont proches du magistère. Tu l’assumes, et c’est honnête.
Pourquoi je dis ça ? Car il y a une attitude que je n’aime pas chez certains groupes très cathos (voire intégriste) et en même très libéraux. C’est que pour conserver un apparence de cohérence avec le discours catho, ils vont faire des raisonnements à la mord-moi-le-noeud, ou pire de la désinformation pour dire que l’Eglise est d’accord avec eux. Quelques exemples : un site extremiste qui affirmait que le texte de Justice et Paix sur l’Autorité mondiale était un texte libéral…Le contenu du texte est explicite sur le sujet, soutenir le contraire est faux. Ou encore : « Justice et Paix ce n’est pas le St Siège, donc ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ce n’est pas l’Eglise ». Là aussi c’est faux. Ou pire des ultras américains qui sortent carrément des théories de complot avec des histoires de marxistes infiltrés au Vatican…
Donc j’apprécie ton honnêteté intellectuelle qui est le point de départ d’un débat constructif sur les différents sujets que tu as évoqués : la question du gender et celle du libéralisme (notamment le rôle de la science éco).
Bon, je ne me défausse pas, mais je reviendrai plus tard.
A toute !
Larmo, vous me faites rejoindre Henry le Barde… en caricaturant ainsi la théorie du genre, vous entrez typiquement dans ce qu’il dénonce ! Le gender ne nie absolument pas la différence biologique entre l’homme et la femme, il ne se prononce que sur l’identité sexuelle, pas sur le sexe biologique. Et dans la représentation de cette identité il sur-représente l’acquis au détriment de l’inné. C’est donc une vieille querelle rebaptisée, si j’ose dire
. Il y a au moins un point sur lequel je suis d’accord avec le gender : c’est sur l’identité sexuelle des personnes homosexuelles. Il me semble bien que c’est une pure construction, et non pas un héritage biologique. En revanche, là où je ne suis pas d’accord avec le gender, c’est quand il sous-estime l’influence de la biologie (la fameuse loi naturelle
?) et tente ainsi d’annuler ainsi toute « norme comportementale ».
.
L’inverse du gender serait que l’homme est juste une nature : une conception hédoniste et néo-paganiste qui fait fi de toute l’anthropologie chrétienne, corps ET âme. C’est aussi absurde que d’imaginer que l’homme est une pure construction (ce qui se rapproche de l’homme platonicien, un esprit qui traîne son corps comme un boulet et qui fait tout pour s’en extraire, ou encore de la conception bouddhiste).
Je ne crois pas qu’il soit juste – ou même utile – d’affirmer que le gender est intrinsèquement idéologique, même s’il est la plupart du temps invoqué pour des raisons idéologiques. Il est d’ailleurs assez piquant de constater qu’il y a un certain nombre d’ouvrages qui tentent de montrer que l’homosexualité est naturelle, en passant par l’analyse de comportements animaux en général. C’est là aussi de l’anti-gender primaire
@Larmo
« Avec Vatican 2, l’Église s’est ralliée au mondialisme ».
Pourriez-vous développer ?
@Henry le Barde
Je suis assez d’accord avec toi. L’une des plus grandes tentations de l’Eglise a été de justifier toutes ses erreurs en les drapant dans le manteau de la Foi. Ce qui revient à prendre en otage les fidèles et à les priver de la possibilité concrète d’exercer leur liberté de conscience.
L’affaire Galilée est sans doute la meilleure illustration de la tendance qu’a l’Eglise à outrepasser son domaine de compétence et à prendre position dans un domaine où elle n’a aucune légitimité particulière.
Le pire c’est qu’elle a dû finir par l’admettre: d’abord implicitement en levant la condamnation des œuvres de Galilée en 1822, puis explicitement avec la déclaration de repentance de Jean-Paul II de 1992 dans laquelle il reconnut pour la première fois les erreurs de l’Église et rendit justice à Galilée en rappelant que Galilée était un « croyant sincère » qui s’est paradoxalement « montré plus perspicace sur ce point que ses adversaires théologiens » en écrivant que « si l’écriture ne peut errer, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs façons ».
Entre l’année de la condamnation de Galilée (1633) et celle de la repentance (1992) plus de trois siècles et demi se sont écoulés qui ont décrédibilisé intellectuellement et moralement l’Eglise aux yeux du monde et qui continuent aujourd’hui encore à creuser son déficit de crédibilité.
L’Eglise n’est crédible que quand elle s’efforce de remplir son mandat rendre témoignage à la partie de la Vérité qu’elle a reçue en dépôt et qui concerne la relation de l’homme à Dieu: amour du prochain sous toutes ses formes et témoignage rendu à ce Dieu qui est la la source de cet amour.
En revanche elle perd toute crédibilité quand elle s’aventure sur des sujets pour lesquelles elle n’a aucune compétence particulière et qui l’obligent à tordre le cou à l’honnêteté intellectuelle en répondant à des questions légitimes par des pétitions de principe arbitraires et mensongères.
Car au fond l’argument avancé pour contester la thèse de l’héliocentrisme était de même nature que celui de Jean-Paul Sartre refusant de dire la vérité sur le système soviétique: « Il ne faut pas désespérer Billancourt »
@ Louis Charles : Il faut lire l’encyclique de Jean XXIII où ce dernier plaide pour l’établissement d’une gouvernance mondiale en liaison avec l’ONU. De même, Benoît XVI, dans son encyclique Caritas in Veritate, prône la mise en place d’une véritable « Autorité politique mondiale » « pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise (…) ». Rappelons tout de même, au risque de passer pour un complotiste, que le mondialisme trouve sa source dans la pensée franc-maçonne. Or, l’Église catholique a longtemps combattu cette idéologie luciférienne.
@ Vieil imbécile : selon la théorie du genre, l’hétérosexualité est une construction sociale. Il me semble au contraire que le sexe est ce qui nous reste de l’animal. L’homme est naturellement attiré par la femme. l’homosexualité, il est vrai, ne me semble pas naturelle (au sens de génétique). Mais ce n’est pas en réaction contre la société que l’individu devient homosexuel. Le dysfonctionnement œdipien me paraît l’explication la plus probable.
Certes, c’est une théorie qu’on peut discuter. Mais pourquoi en entendons-nous parler ? Parce que les féministes et les syndicats de l’Inéducation nationale l’utilisent à des fins idéologiques. Pour les théoriciens du genre, la sexualité n’a rien de naturel. Il s’agit d’une construction sociale. Tout homme ou toute femme, peut s’il le souhaite, changer plusieurs fois de sexualité en cours de route. Je crois que dans la grande majorité des cas, la sexualité est purement naturelle. Les minorités sexuelles agissantes, non content de cet état de fait, souhaitent que tous les enfants suivent le même cheminement intellectuel qu’eux en niant tout déterminisme naturel. On ne choisit pas son orientation sexuelle (il me semble que les pédophiles ne décident pas un jour d’être attirés par les enfants), on la subit. Choisir son orientation sexuelle revient à dire que tout se vaut. Oui à l’égalité des droits, non à l’uniformisation.
@Larmo
Dire qu’il faut une autorité mondiale pour réguler le village globale est peut-être un projet difficile à réaliser voire carrément hors d’atteinte (c’est mon opinion) mais de là à y voir une idéologie mondialiste…Je ne vois pas vraiment en quoi un tel projet présente un caractère idéologique.
A moins de considérer l’universalité du genre humain comme une vision idéologique. Mais dans ce cas là c’est la notion même de catholicité et d’humanité au sens chrétien du terme qu’il faut remettre en cause. Au passage il faudrait aussi renoncer à réciter le Notre Père: cette prière n’a de sens que si nous sommes tous frères.
Attribuer l’origine de tout cela à Lucifer par l’intermédiaire de la franc-maçonnerie me laisse sceptique…
ce qu’il faut reprocher au mondialisme est l’uniformisation du monde : même économie, même race, même sexe. Or, Dieu a créé un monde rempli de différences que cette idéologie tente de nier. Rien n’empêche des être différents d’être frères. Au contraire, aller et comprendre l’autre est bien plus beau et plus enrichissant.
Gn. 11, 4. « Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet atteigne les cieux. Ainsi nous nous ferons un nom… ». Ce village unique se nomme le gouvernement mondial. Vatican 2 s’est adapté au mondialisme alors qu’avant c’était le monde qui devait s’adapter à l’Église catholique.
Je crois que la question qu’il faut se poser est pourquoi l’Eglise est-elle opposée au gender ? Pourquoi a t’elle ces positions vis à vis des questions éco et politiques ?
D’où viens la doctrine sociale de l’Eglise ?
Honnêtement, l’Eglise étudie sérieusement toutes ces questions. Elle des intellectuels brillants. Par exemple le prix nobel d’économie Joseph Stiglitz a appartenu à l’Académie pontificale des sciences. Le pape sait s’entourer des meilleurs scientifiques. Donc dire que l’Eglise est en décalage avec la science économique est inexact.
Un autre exemple, l’économiste Gael Giraud. Brillantissime, et en même temps jésuite et hypercritique envers le libéralisme…donc je ne vois pas en quoi être libéral serait forcément être en phase avec la science éco ?
Mais ce qui est essentiel : qu’est ce que la science économique ? Une science humaine pas une science exacte. On ne gère pas une crise économique comme on guérit une grippe.
Il y a ce fameux facteur humain qui change tout. Les hommes ne sont pas des particules élémentaires régit par les lois de la physiques…donc au dela de la science il y a une question humaine, une question de rapports humains. C’est tous le discours de la doctrine sociale de l’Eglise.
J’adhère assez aux idées que vous développez dans ce billet.
Mais je pense que l’exemple de la théorie du genre est mal choisi. Il ne s’agit pas d’une théorie scientifique et, la présentation qui en est faite, vise, manifestement, à « justifier » les « orientations » homosexuelles de plus en plus présentes dans notre société. C’est sur ce plan-là que l’Eglise a réagi.
@Larmo
Si quand vous dénoncez le « mondialisme » vous dénoncez l’uniformisation du monde alors je ne peux qu’être d’accord avec vous.
Mais quand vous avancez que Vatican II a donné sa bénédiction à un projet visant à réduire l’humanité à une même race et à un seul sexe (?) je ne peux m’empêcher de penser que vous plaquez vos propres fantasmes sur les textes conciliaires.
Ai-je tort ?
Si tel est le cas auriez-vous l’obligeance de m’indiquer les références exactes des textes de Vatican II sur lesqels vous vous appuyez ?
@larmo
Il y a tout de même une certaine différence entre la différenciation sexuelle et celle des races… L’une est incontournable à la survie de l’espèce, pas l’autre…
@Charles vaugirard
« je ne vois pas en quoi être libéral serait forcément être en phase avec la science éco ? » Moi non plus, si ça peut te rassurer ! Il y a beaucoup d’écoles de pensées autres que le libéralisme – et il y en a beaucoup qui n’ont pas grand chose à voir entre elles au sein même du libéralisme.
Si tu relis bien, j’ai pris soin dans mon texte de ne pas parler de libéralisme économique mais de science économique, donc j’y inclus l’ensemble des écoles de pensée. En fait, la distinction que je cherche à faire comprendre est un peu la même qu’être marxiste ou marxien.
Sinon, être catho ne donne pas de longueur d’avance en économie. Les économistes que tu cites sont de bons économistes avant tout, indépendamment de leur foi.
Il y a des mathématiciens croyants, d’autres non. Et je ne vois pas pourquoi je donnerais un biais favorable à l’un parce qu’il est catho. Tu me diras encore qu’il s’agit de science dure. Alors j’en appellerai à Rémi Brague, qui ne supporte pas qu’on le désigne comme philosophe chrétien. « Existe-t-il des plombiers chrétiens ? » a-t-il l’habitude de rétorquer. Dès que tu entres dans un champ scientifique, tu es bien forcé de laisser ta foi à l’entrée, que ta science soit dure ou molle.
Après, il va de soi que tes convictions t’aident à prendre une décision dès lors qu’il s’agit d’appliquer les résultats de ta recherche. C’est ainsi en physique, en économie, en médecine et j’en passe.
A la rigueur, le seul domaine où la Foi doit intervenir dans la recherche, c’est dans les moyens requis – i.e. les cellules souches.
Plus sérieusement, que l’économie ne soit pas une science dure ne l’empêche pas d’être une science et d’être abordée comme telle. Comme la philosophie, etc. (et tu serais surpris de voir les analogies qu’on peut faire entre l’économie et la médecine, qui est loin d’être une science exacte !). Pour avoir touché un peu aux deux, un médicament que tu administres, ce n’est pas un correctif informatique. Tu dois t’attendre à des effets secondaires néfastes entre lesquels il faut arbitrer. Exactement comme une mesure économique qui aura quasi-toujours des effets indésirables (émission de monnaie, taxes, suppressions de taxes, salaire minimum, libéralisations, etc.). Bref, économie et médecine sont plus proches que tu ne le penses !
En disant cela, je ne prétends bien sûr pas que les humains sont réductibles à des particules physiques (cela devrait aller sans dire, mais certains sont durs à la comprenette – je ne te vise pas), mais seulement qu’on peut – même imparfaitement – modéliser les comportements.
Toi qui en appelles à l’Etat, donc à la macro-économie, tu seras bien forcé de faire appel à des modèles de ce type
Et sinon, je te remercie pour ton premier commentaire. Effectivement, je ne prétends aucunement que mon libéralisme (bouhouhouh !) est une conséquence nécessaire et exclusive de la Foi. J’essaie au moins qu’il ne soit pas en contradiction avec elle. Au fond, le libéralisme est assez riche et varié pour puiser ce qui me convient et rejeter ce qui me heurte, et assez ouvert pour souffrir des amendements quand c’est nécessaire. Et en particulier quand la réalité force à ouvrir les yeux
@ hélios
C’est un peu ce que je pensais initialement (cf. mon article sur le sujet, qui s’inquiétait surtout sur les conséquences politiques du lobby en question). Mais à la base il existe de vrais champs de recherche.
La meilleure preuve que ce ne sont peut-être pas de totales billevesées, c’est que c’est un champ de recherche en marketing. Et le marketing ne s’embarrasse pas d’idéologie. Il prend ce qui lui semble sérieux pour toujours mieux vendre. C’est pour ça qu’on ne l’aime pas, mais au moins, on ne peut lui reprocher de s’embarrasser de postulats fantaisistes
Il est certain qu’être catho ne donne pas trois points d’avance à un examen de science éco.
Mais la doctrine sociale de l’Eglise n’est pas forcément en contradiction avec l’économie. Je pense qu’elle se situe sur un autre champs. Elle est là pour donner un éclairage moral, du sens à l’action des hommes qu’ils soient des acteurs de l’économie ou des hommes politiques…ou même consommateurs d’ailleurs.
Tout n’est pas que technique. Les questions morales sont essentielles. Et là, l’Eglise experte en humanité est clairement dans son rôle.
On est complètement, à 200% d’accord !
Je signe des deux mains, du premier au dernier mot
YES !!!!!!
On fête ça avec une bière la FASM !
@ Louis Charles : voici une référence explicite et très claire issue de l’encyclique Caritas in veritate de Benoît XVI. Vous noterez que le Vatican n’est pas reconnu comme instance de gouvernance mondiale. L’encyclique s’en remet à l’ONU.
» Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII. Une telle Autorité devra être réglée par le droit, se conformer de manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité, être ordonnée à la réalisation du bien commun [147], s’engager pour la promotion d’un authentique développement humain intégral qui s’inspire des valeurs de l’amour et de la vérité. Cette Autorité devra en outre être reconnue par tous, jouir d’un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des droits [148]. Elle devra évidemment posséder la faculté de faire respecter ses décisions par les différentes parties, ainsi que les mesures coordonnées adoptées par les divers forums internationaux. En l’absence de ces conditions, le droit international, malgré les grands progrès accomplis dans divers domaines, risquerait en fait d’être conditionné par les équilibres de pouvoir entre les plus puissants. Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation [149] et que soit finalement mis en place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale, entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations Unies »
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html
@Larmo
Merci pour les références au texte de Benoît XVI en faveur d’une autorité mondiale.
Mais là encore je ne vois pas en quoi c’est condamnable moralement.
Le fait de vouloir qu’une autorité puisse faire respecter des règles de droit à l’échelle mondiale c’est vouloir empêcher les plus forts d’exploiter les plus faibles ce qui, rappelons-le, est la raison d’être du pouvoir temporel. Que le Vatican n’y prétende pas est plutôt une bonne nouvelle: l’Eglise qui a reçu la promesse de l’éternité n’a reçu ni le mandat ni les moyens d’exercer le pouvoir temporel. C’est ce qui en fait le rempart le plus efficace contre toute tentation théocratique de type calviniste.
Un projet d’autorité planétaire est moralement souhaitable même s’il me semble politiquement improbable. Mais je ne vois pas pourquoi il impliquerait l’arasement de toutes les différences culturelles et de toute identité propre.
Une telle vision des choses trahit à mon sens une conception très étroite et surtout très franco-française de l’exercice du pouvoir. La Troisième République française a en effet été un (triste) modèle d’uniformisation et d’éradication des cultures et langues régionales au nom d’une vision idéologique du Progrès.
Fort heureusement il existe d’autres exemples historiques, par exemple l’empire des Habsbourg, qui a réussi à fédérer avec bonheur une grande variété de peuples, cultures, langues et religions au sein d’un ensemble cohérent. N’en déplaise à la propagande française et franc-maçonne de Clémenceau qui voulut et obtint la peau d’un empire catholique multiculturel….
@ Louis Charles
L’empire des Habsbourgs mêlait en effet des cultures très différentes mais il est très critiquable d’affirmer que cela constituait un ensemble cohérent. L’empereur avait souvent beaucoup de mal à régner face aux Kurfürsten.
Qui dit autorité politique mondiale dit pouvoir de police global et capacité d’intervention sur tout le globe ce qui pose un problème en matière de libertés. Même l’encyclique ne fait référence à aucune spiritualité de cette entité mondiale. Si elle se mettait en place, il y a fort à parier que nos oligarchies locales se mutent en une oligarchie mondiale ce qui constitue un danger pour la démocratie car les moyens d’un peuple face à une organisation très déconnectée sont assez limités (on le voit déjà bien au niveau de l’UE). Enfin, qui dit pouvoir politique mondial dit culture et économie mondiales ce qui va à l’encontre de toute idée de diversité culturelle. L’uniformisation est déjà en marche (culture américaine, consommation effrénée, capitales se ressemblant toutes, relativisme affirmé et destruction de cultures ancestrales en Amérique du sud ou en Afrique). La création d’une autotité mondiale risque d’accélérer cette marche.
Voilà comment en parlait David Rockfeller qui est très loin d’être un saint homme : » Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des É-U, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être. » –David Rockefeller, MEMOIRES, page 405.
« Nous arrivons vers l’émergence d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin, c’est de LA CRISE MAJEURE et le peuple acceptera le nouvel ordre mondial » -David Rockefeller, CFR-
« Dès que possible, nous devons arriver a élaborer un gouvernement mondial et une religion mondiale diriges par un leader mondial » -Robert Muller- (ancien assistant au secretaire general de l’ONU)
La liste de ces citations n’est évidemment pas exhaustive.
@ Louis Charles
« L’empire des Habsbourgs mêlait en effet des cultures très différentes mais il est très critiquable d’affirmer que cela constituait un ensemble cohérent. L’empereur avait souvent beaucoup de mal à régner face aux Kurfürsten ».
Je ne dis pas que c’était idyllique mais je dis qu’un pouvoir politique peut très bien s’exercer tout en respectant les légitimes diversité. Après qu’il y ait des rapports de forces c’est une banalité que de le rappeler. C’est inhérent à toute communauté humaine.
« Qui dit autorité politique mondiale dit pouvoir de police global et capacité d’intervention sur tout le globe ce qui pose un problème en matière de libertés ».
C’est vrai de tout et partout depuis le début de l’humanité.
« Même l’encyclique ne fait référence à aucune spiritualité de cette entité mondiale ».
Encore heureux ! Je dénie à tout pouvoir politique le droit de s’immiscer dans ma vie de foi !
« Si elle se mettait en place, il y a fort à parier que nos oligarchies locales se mutent en une oligarchie mondiale ce qui constitue un danger pour la démocratie car les moyens d’un peuple face à une organisation très déconnectée sont assez limités (on le voit déjà bien au niveau de l’UE). »
C’est pour cela qu’un tel projet me paraît utopique.
» Enfin, qui dit pouvoir politique mondial dit culture et économie mondiales ce qui va à l’encontre de toute idée de diversité culturelle. »
Non.
Je vous renvoie à l’exemple de l’empire des Habsbourg.