Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Tommy Sans-maman

Par • 5 avr, 2012 • Catégorie: Réflexion faite

Il était une fois, Tommy Doublepeine. Ses parents naturels avaient été atroces avec lui. Ils l’avaient torturé régulièrement. Ils l’avaient même laissé attaché au milieu de la forêt, après l’avoir frappé. Il boitait, résultat de la perversion de son père qui l’avait écrasé avec son motoculteur.

Heureusement, une bonne fée des services sociaux s’attendrit des souffrances de Tommy, et les parents indignes furent jetés dans les deux geôles les plus infâmes de la prison de Fresnes.

La bonne fée, pleine de bons sentiments, rencontra le couple le plus attentionné du territoire. Tommy méritait tant la chaleur d’un foyer épanouissant, que la bonne fée décida pour notre héros de 5 ans, que le couple si chaleureux composé de Robert et Marcel, serait désormais ses parents adoptifs.

Tommy aimait énormément ses deux nouveaux papas, car ils savaient mieux que personne édifier les enfants tout en les amusant. Tommy était ainsi le troisième, et dès sa venue, il avait toute sa place au sein de ce foyer uni.

Mais Robert et Marcel étaient tristes, car Tommy était inconsolable sur un point. Il n’avait pas de maman, et savait qu’il n’en aurait jamais. La bonne fée lui avait pourtant expliqué qu’il avait déjà de la chance d’avoir été accueilli au sein d’un foyer d’hommes merveilleux.
En grandissant, Tommy en voulait à ses deux parents adoptifs de l’avoir choisi, car cela signifiait pour lui qu’ils avaient décidé de le priver, à vie, d’une maman.

Tommy en voulait également a la bonne fée, pourtant si gentille, car il ne comprenait pas pourquoi elle avait refusé qu’il soit adopté par un homme et une femme, alors que tant de gentils couples hétérosexuels étaient en attente d’adopter. Il en voulait aussi au sort, qui l’avait frappé deux fois, la où ça fait très mal, au lien de filiation. Une première fois, pour lui avoir donné des parents odieux. Et une deuxième fois, pour l’avoir condamné à ne pas avoir de maman. Il en voulait aussi aux militants socialistes, très contents de la nouvelle loi, et qui lui disaient: « Ta souffrance n’existe pas, ton cœur est rempli de préjugés homophobes, tu devrais être heureux d’être aimé à ce point. »

La mort dans l’âme, incompris, il s’enfuit dans un orphelinat à l’étranger, afin d’échapper à la malédiction du destin. Cet orphelinat était géré par d’heureuses religieuses, dont l’une d’elles se comportait désormais comme sa mère. Et il finit par adopter cette gentille femme en tant que maman, qui, moins douée que ses deux papas adoptifs, avait pourtant compris son besoin le plus intime. Une maman.

  • Moralité 1: Les meilleurs sentiments socialistes peuvent cacher l’une des pires violences qu’on puisse infliger à un enfant, celui de le faire culpabiliser de souffrir d’une douleur jugée méprisable à endurer. De la même manière que les malades du SIDA étaient auparavant ignorés dans leur souffrance (mais c’était un préjugé de droite).
  • Moralité 2: L’adoption par un couple homosexuel rendra illégitime la souffrance qu’un enfant pourra endurer du fait du manque du père ou d’une mère.
  • Moralité 3: Le droit à l’enfant serait, en raison de cette loi en projet, plus important que les droits de l’enfant ; l’enfant objet de droit supplanterait l’enfant sujet de droit.
  • Moralité 4: Dire que des enfants peuvent souffrir d’avoir des parents de même sexe, c’est être homophobe selon la pensée socialiste.
  • Moralité 5: Un préjugé n’en est plus un quand il est de gauche, cela devient une idée moderne ; le préjugé étant ici qu’ « être élevé par un couple de personnes homosexuelles ne peut générer aucune souffrance en soi ».

A force de croire que l’Etat est la source de satisfaction de tous les besoins sociaux, on en oublie que l’Etat n’est qu’un intermédiaire qui force des débiteurs à payer des créanciers à qui il a accorde des droits. Ainsi, accorder ce droit aux homosexuels peut ne pas être considéré comme une faveur de l’Etat à leur endroit mais comme une obligation faite, à des orphelins choisis au hasard, d’assouvir, au prix d’être privés à vie d’une maman ou d’un papa, le désir parental d’un couple biologiquement stérile qui n’avait jusqu’ici rien à voir avec leurs propres histoires.

En matière de droits sociaux nouveaux, il faut toujours s’attacher aux vrais débiteurs, c’est-à-dire s’assurer que les gens, à qui l’on demande d’assumer réellement la charge des nouveaux droits d’autrui, ne souffriront pas injustement. Ce sera la dernière leçon de cette histoire, toute libérale, et curieusement, toute humaine.

Photo : Lambert Wilson et Pilar López de Ayala dans « Comme les autres », de Vincent Garenq (sur lesinrocks.com)

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s'appelle ainsi en hommage à Saint Basile le Grand, connu pour sa capacité de raisonner en dehors des catégories courantes de son époque. Rêvant d'une totale réconciliation entre les chrétiens d'occident et les chrétiens d'orient (ce qui permettrait au passage aux orientaux de faire la promo de Basile!), il espère plus concrètement la réconciliation des partis politiques avec la notion de projets, c'est à dire de travaux complets pour chaque enjeu contemporain, qui conduiraient à augmenter l'étendue des programmes politiques au delà d'une simple copie double. Plongé dans la passion du droit, puisqu'il en faut une en attendant d'être un jour lointain un musicien correct, il a décidé de s'attacher particulièrement aux dérives des administrations publiques tout en restant attaché au rôle d'impulsion de l'Etat dans la société.
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5 Réponses »

  1. Mon cher Basilon, je suis d’accord avec tout ce que vous écrivez.

    Le problème de l’adoption n’est pas le problème. Le problème est celui du mariage entre homosexuels. Dès lors que la loi donnerait le droit au mariage aux homosexuels, je ne vois pas comment on pourrait leur refuser la possibilité d’adopter un enfant. La question du mariage est la clé. C’est d’ailleurs la « revendication » première.

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  2. je sur-confirme:

    « Un bébé isolé sensoriellement dans le ventre de sa mère — parce que celle-ci vit des choses difficiles — ou au début de sa vie stimulera moins ses neurones préfrontaux, ceux qui fabriquent de la sérotonine. Cela donne des enfants très émotifs qui peuvent faire de grands artistes, mais qui seront aussi plus sensibles aux aléas de la vie »

    la suite sur:
    http://www.leparisien.fr/societe/le-suicide-des-enfants-un-phenomene-sous-estime-29-09-2011-1630658.php

    ces bébés auront aussi un hippocampe atrophié, c’est à dire que les fonctions de nutrition (faim-satiété) et reproduction (sexualité) ainsi que leur émotivité, seront quasi inertes.
    en somme, l’organisme du bébé privé de sa maman se met en mode survie et y reste pour le restant de sa vie.

    on est déjà assez dans ce cas à cause des méthodes désastreuses d’accouchement et d’accompagnement des premiers jours, ça suffit!

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  3. @do

    Vous élargissez le sujet à d’autres cas de séparation de l’enfant avec sa mère. Cela mériterait un sujet sur la condition des enfants en France. A force de croire que l’enfant est roi dans notre société, on en oublie parfois que l’enfance maltraitée et mal aimée est un phénomène de grande ampleur.

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  4. Une anecdote: hier, l’épisode de la série Desperate Housewives mettait en scène une adolescente adoptée par un couple homosexuel, qui ressentait le désir fort d’une maman, et qui se réfugie chez une voisine avec laquelle elle compensait son besoin de lien maternel. On n’est pas les seuls à voir le problème …

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