Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Ce n’est pas un secret : Dieu aime les gens !

Par • 12 mai, 2012 • Catégorie: Vers dimanche

Sixième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 10,25-26.34-35.44-48.

Quand Pierre arriva à Césarée chez Corneille, centurion de l’armée romaine, celui-ci vint à sa rencontre, et se jetant à ses pieds, il se prosterna. Mais Pierre le releva et lui dit : « Reste debout. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Alors Pierre prit la parole : « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste. Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint s’empara de tous ceux qui écoutaient la Parole. Tous les croyants qui accompagnaient Pierre furent stupéfaits, eux qui étaient Juifs, de voir que même les païens avaient reçu à profusion le don de l’Esprit Saint. Car on les entendait dire des paroles mystérieuses et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Pourrait-on refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux.

Première lettre de saint Jean 4,7-10.

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y

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a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est save on auto repairs pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Qu’il est bon d’entendre le Christ nous parler d’Amour après toute cette période turbulente où il a été emprunté des termes dont on finit par ignorer la portée tellement ils sont vidés de leur sens : l’amour des gens, l’espérance, le monde meilleur, la fraternité. Ces textes nous reparle de l’Amour, celui qui vient de Dieu. Et Jésus va plus loin que de demander aux hommes de s’aimer : en lisant cet Evangile, on se rappelle que Jésus nous dit comment aimer : « comme je vous ai aimés ». Cela est alors à mettre en perspective avec le début de l’Evangile : « Aimez vous comme je vous ai aimés, [moi qui vous ai aimés] comme mon Père m’a aimé ». C’est de cet Amour infini du Père que Jésus vient nous parler.

A la fois, c’est un Amour qui nous dépasse, parce qu’il ne s’agit pas simplement d’un attachement à l’autre, il s’agit d’un don de soi pour tous nos prochains, un regard constamment tourné vers eux, ceux vers qui Jésus s’est tourné : ses plus proches disciples, mais aussi tant de personnes rencontrées au cours de sa vie publique qui étaient ignorés, montrés du doigt, déconsidérés, voire même ceux qui étaient loin de Dieu. Du plus petit au plus pécheur, Jésus s’est tourné vers eux pour leur apporter l’Amour de Dieu.

A la fois, c’est un Amour accessible, parce qu’il « suffit » d’être fidèle aux commandements, de devenir image du Christ  et image du Père:
-    La fidélité aux commandements : le véritable Amour,est un Amour universel, il ne vient pas de la définition individuelle que chacun veut bien s’en faire. Il y a des attitudes qui nous rapprochent de cet Amour, et parmi celles-ci doivent être conformes aux commandements, à tous les commandements, sans préférence, sans priorité, sans sélection.
-    L’image du Christ : les commandements restent des mots, Jésus en a fait des actes. Et sa fidélité aux commandements lui a permis d’être fidèle à son Père, malgré ses doutes. Il y a quelque chose dans le lien entre le Christ et le Père qui nous parle mieux que tout de la confiance. Fidèle à son Père, aimant les hommes comme Dieu l’a aimé, il s’est tourné vers les hommes et par Amour pour eux, il leur a parlé de Dieu.
-    L’image du Père : Jésus nous a aimés comme son Père l’a aimé, et comme Il aime les hommes. Malgré toutes les trahisons, malgré tous les éloignements, malgré toutes les fois où les hommes ont voulu remplacé Dieu par d’autres idoles, Dieu est resté fidèle à son Alliance. A cette question tant de fois entendue : « Mais que fait Dieu ? » qui laisserait sous entendre que Dieu se désintéresse des hommes, j’ai tendance à répondre : « Mais que font les hommes ? » car il ne faut pas se tromper de responsable dans l’éloignement. Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste nous dit Pierre.

Alors, évidemment, par quel bout le prendre :
-    Dieu est Amour, mais il n’accueille que ceux qui l’adorent et sont justes
-    Pour connaître le véritable Amour de Dieu, il faut l’approcher, mais pour approcher Dieu il faut s’aimer les uns les autres, car « celui qui n’aime pas ne connait pas Dieu ».

Tout est une question de disponibilité. Car si nous ne nous rendons pas disponible pour accueillir Dieu, notre Amour ne pourra jamais être un Amour qui vient de Dieu. Et finalement, deux attitudes opposées peuvent empêcher d’accueillir cet Amour :
-    l’Amour de Dieu est inaccessible, et, ne pouvant l’atteindre, nous l’abandonnons
-    Les hommes n’ont pas besoin de Dieu pour aimer et être juste, mais alors, nous ne parlons pas du même Amour.

Cette disponibilité qui nous permet d’accueillir l’Amour de Dieu dans nos cœurs nous permet de nous tourner vers Lui pour le découvrir. Nous sommes conscients que cet Amour nous dépasse, mais nous savons que nous devons nous mettre en chemin pour le découvrir et en faire l’expérience. Dieu et son Amour sont inaccessibles si nous restons là à attendre. De même, l’Amour n’est pas total si nous ne cherchons pas à le prendre « à la source ». Dieu, Lui, est toujours disponible, il multiplie les occasions de la rencontre avec Lui. Mais il ne peut pas entraver la liberté des hommes, justement parce qu’Il les aime.  Disponible, donc, il accueille ceux qui veulent également l’accueillir. Ce n’est pas pour autant un Amour sélectif, puisque Dieu s’est toujours tourné vers tous les hommes : il n’a pas envoyé son Fils à une « élite » et d’ailleurs, toute la mission de Jésus a été de faire découvrir Dieu à tous les hommes, et pas simplement à un peuple. Comme le dit Saint Jean, c’est Dieu qui nous a aimés, et non l’inverse. C’est ainsi que nous pouvons reconnaître l’Amour de Dieu, c’est-à dire que Dieu nous aime d’un Amour que nous ne pouvons comprendre que si nous l’accueillons en nous.

Alors oui, nous sommes capables d’aimer, mais l’Amour de Dieu va plus loin, et c’est la seule qui peut nous permettre d’entrer dans la joie du Royaume.

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n’arrive pas à avoir de certitudes, seulement quelques convictions. Un moment tenté par certaines sirènes bien-pensantes, son passage en sociologie a paradoxalement mis fin à cette tentation. Ignace mesure toutes les difficultés à suivre le chemin du Christ mais il croit que c’est par Lui que l’Homme peut s’accomplir. Il croit que relire le message du Christ est une condition pour approcher Dieu. Il n’aime pas les clichés et les raccourcis, mais il pense humblement que l’homme moyen, dont il fait partie, est obligé de s’en servir pour appréhender toute la complexité de notre monde. Il appartient à tout le monde de dépasser cet état, mais c’est également un exercice difficile, peut-être pas donné à tout le monde.
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