Sommes-nous nuisibles ?
Par Guillaume Duvillaret • 16 juil, 2012 • Catégorie: Réflexion faiteDes militants du Collectif des Lutins Obstinément Dénatalistes1, aux slogans sympathiques comme « Coupons les couilles des prêtres fertilistes ! » ou « Un berceau est pire qu’une bombe : les géniteurs sont des terroristes ! »2 ont organisé un happening lors duquel ils se sont déshabillés pour la « planète mise à nu par la surpollupopulation« . Une vingtaine de militants selon liberation.fr, mais la presse est là et relaie, preuve que ce type de happening, bien que désormais un grand classique, est toujours aussi porteur.
Le collectif veut réduire la population de la planète et propose, par la voix de Theophile de Giraud, son organisateur, des solutions radicales : « ne plus lier les allocations au nombre d’enfants, les supprimer tout à fait », « cesser de récompenser ceux qui rendent un très mauvais service à l’environnement en mettant au monde un bébé qui, comme tout Occidental, consommera 2 à 3 planètes »3 et même la diffusion de leurs idées dès le lycée « Pourquoi ne pas débattre dès le lycée du bien-fondé ou non de mettre un enfant au monde? Pourquoi ne pas dire aux adolescents: ne pas procréer, c’est aussi bien, sinon mieux, que procréer.»
Cette dernière proposition a particulièrement retenu mon attention. Voici donc le message de désespérance qu’il faudrait diffuser à nos jeunes lycéens : « Nous sommes trop nombreux ! Chaque naissance supplémentaire nuit à la planète ! Ne faîtes plus d’enfants ! » La proposition serait risible si elle n’était pas aussi grave. Croyons-nous rendre service à la jeunesse (et même à la planète) en l’incitant à ce fatalisme ? Parce qu’à quoi bon changer, chercher, innover si de toute façon nous sommes (de) trop, si ce sont nos vies qui pèsent sur la planète (et non nos modes de vie), si donc nous sommes nuisibles, presque par nature ?
Et cette idée répétée, diffusée, ne peut que nous interroger sur nous-mêmes : pourquoi serait-ce l’enfant qui vient celui de trop ? Pourquoi n’est-ce pas moi qui suis de trop ?
Verrons-nous ainsi demain des adolescents dire à leurs parents : « Tu n’aurais pas dû me donner la vie. La planète se serait bien passée de moi. » ?
Il y a quelque chose de surprenant à continuer à entendre ce type de discours, nous mettant en garde contre les malheurs que nous subirions ou que nous ferions subir4 à cause d’une augmentation de la population. Les inquiétudes ne datent pourtant pas d’hier. Thomas Mathus, à la fin du 18ème siècle, expliquait que l’augmentation de la population était plus rapide que celle des ressources et concluait :
« Tout enfant né au-delà de ce qui est requis pour maintenir la population à un effectif donné doit nécessairement périr, à moins qu’un espace se libère pour lui suite à la mort d’un adulte. »5
Parole très humaniste, chacun en conviendra.
La peur de la surpopulation ne date même pas de Malthus, puisqu’Aristote déjà s’en souciait :
« Les faits montrent même clairement qu’il est difficile, et probablement impossible, que soit régie par de bonnes lois la cité trop peuplée ; du moins aucune de celles qui apparaissent convenablement gouvernées n’a eu, d’après nos observations, une population débordante. »((Cette traduction extraite de Politique d’Aristote est proposé dans SURPOPULATION ET EXPOSITION DES ENFANTS CHEZ ARISTOTE : À PROPOS D’UN PASSAGE DE LA POLITIQUE, Camenulae n°4, février 2010, Chloé TITLI, p 5. Lire le document intégral ))
A partir de ce constat, il proposait lui aussi de limiter les naissances ((« et pour la natalité excessive, si la disposition des coutumes l’empêche, qu’on n’expose aucun des enfants ; il faut en effet limiter le nombre des naissances ». Ibid, p7))
Nous voilà donc toujours sur les mêmes questions, bien que les raisons ne soient plus forcément les mêmes et que la formulation tout au moins soit généralement plus consensuelle.
Il faut cependant bien reconnaître que la situation a changé. La population mondiale a été multipliée par quatre lors du siècle dernier6. Ces chiffres pourraient inquiéter, mais ils ne sont pas pertinents pour exprimer la tendance actuelle, notamment parce que la natalité a très fortement baissé7. Les projections de l’ONU sur la population mondiale ne sont donc pas apocalyptiques, comme l’explique Philippe Rekacewicz, géographe, cartographe et journaliste :
« Selon les prévisions de l’ONU, le pic démographique sera atteint vers 2050, avec un peu plus de 9 milliards d’habitants, et devrait se stabiliser autour de 10 milliards vers 2100 (8 milliards si l’on retient l’hypothèse basse). »8.
Les faux débats sur l’explosion démographique ne sont cependant pas anodins. Ils nous empêchent de faire face à un véritable défi : le vieillissement de la population, un vieillissement qui sera d’autant plus rapide que la natalité est faible, très inférieure au seuil de renouvellement des générations dans de nombreux pays9. Les conséquences sociales de ce vieillissement sont pourtant évidentes et ces pays paieront chers leur inaction (ou leur incapacité à agir efficacement).
Cette réflexion est-elle suffisante ? 7, 8 ou 9 milliards, n’est-ce pas déjà trop ? Ne faut-il pas accepter ce vieillissement de la population pour « sauver la planète » ? En somme, est-ce une lutte de survie entre l’homme et la nature ?
Gérard-François Dumont, Professeur à l’université Paris-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, nous donne un élément de réponse :
« Si ces 9 milliards [d'êtres humains] migraient en totalité aux Etats-Unis, laissant tout le reste de la Terre désert, la densité des Etats-Unis serait encore inférieure à celle de la région Ile-de-France… »10
Les villes surpeuplées ne doivent pas nous tromper : c’est la concentration de la population sur ces villes qui donne cette sensation de surpopulation, non la population de la planète.
Il me semble que l’erreur principale du Collectif des Lutins Obstinément Dénatalistes, c’est de penser la démographie à partir d’une situation donnée, statique, figée, comme si nous n’étions pas capables d’évoluer.
Il existe pourtant une dynamique, une créativité humaine, qui peut nous permettre de réaliser ce qui peut sembler impossible à partir de calculs mathématiques biaisés. Avec nos modes de vie, les techniques actuelles, le défi de permettre à chacun de vivre décemment est sans doute insurmontable, mais pourquoi nos vies seraient-elles ainsi restreintes ? Nos modes de vie ont changé et ils changeront encore. Les techniques ont évolué et elles évolueront encore. Pourquoi le nier ?
Nous ne savons pas encore quelles seront les énergies de demain, quels seront nos modes vies, ce que nous serons capables de créer. Mais nous voyons déjà tout ce l’homme a pu produire, qu’il a pu innover, qu’il innove encore. Mais pour relever tous ces défis, encore faut-il lui en donner l’envie, encore faut-il qu’il croit que c’est possible.
Alors, non, nos enfants ne viennent pas parasiter la planète. Ils ne sont pas un poids pour notre monde. Ils sont bien au contraire sources de richesse et d’espoir.
- je n’invente rien[↩]
- Source : http://pour-une-decroissance-demographique.blogspot.fr/2012/04/happening-denataliste-nudiste-samedi-12_05.html[↩]
- Chaque occidental consomme 2 à 3 planètes ? Passons…[↩]
- à nos enfants généralement, mais ici, c’est plutôt à la planète, devenue la finalité qui exigerait jusqu’au sacrifice de nos futurs enfants[↩]
- Source : http://www.enquete-debat.fr/archives/les-theories-malthusiennes-sur-la-surpopulation-mondiale-refleurissent-dangereusement-parmi-nos-cyniques-%E2%80%9Celites%E2%80%9D-46792 [↩]
- De 1,6 milliards en 1900, nous sommes passés à 6.1 milliards en 2000. Source : Fausses évidences sur la population mondiale, Gérard-François Dumont, Juin 2011. Lire l’article intégral.[↩]
- Le taux de fécondité mondial a été divisé par deux, passant de 5 à 2,5 entre 1960 et 2010. Source : L’« explosion démographique » n’aura pas lieu, Philippe Rekacewicz, lundi 31 octobre 2011. Lire l’article intégral.[↩]
- Source : L’« explosion démographique » n’aura pas lieu, Philippe Rekacewicz, lundi 31 octobre 2011. Lire l’article intégral.[↩]
- L’institut national d’études démographiques précise que l’indicateur de fécondité (nombre d’enfants par femme) est de 1,37 en Espagne, 1,39 en Allemagne, 1,41 en Italie, quand la France atteint péniblement 2, alors que le seuil de renouvellement des générations est estimé à 2,1 pour les pays développés. Source : voir le tableau de l’ined.[↩]
- Fausses évidences sur la population mondiale, Gérard-François Dumont, Juin 2011. Lire l’article intégral.[↩]
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Guillaume Duvillaret s'est intéressé tôt à la politique. Après une passion de bien courte durée, il a conservé son amour de la politique pour sa recherche du bien commun, mais reste un peu désabusé par une politique trop partisane.
Il souhaite contribuer au débat, mais préfère se demander ce que lui peut faire plutôt qu'attendre un hypothétique "grand soir" venant d'une hypothétique personnalité politique providentielle.
Il cherche à penser le monde d'aujourd'hui, avec ses particularités, essayant de se défaire de ses a priori, mais sans avoir la prétention de croire qu'il peut partir de rien. Pour cela, il s'appuie sur la solide tradition de l'Eglise, ce qui ne l'empêche pas de rechercher le dialogue avec tous, non seulement pour convaincre, mais aussi (et surtout ?) pour se laisser convaincre.
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il semblerait quand même que l’accroissement de la population soit plus rapide que la productivité agricole, et même en se passant de viande ! De plus le sort de la faune sauvage est réglé de façon inéluctable que quelque côté on se tourne. L’Afrique avec son milliard d’habitants supplémentaire doit absolument cultiver la plupart de ses terres sauvages, il est difficile de faire cohabiter éléphants et champs ou singes et villages. Donc l’homme est plus important que tout ou est-il important de préserver une partie de la création non-humaine ? Et n’y a-t-il pas un peu de mercantilisme à vouloir de plus en plus de consommateurs ? Et comment choisir intelligemment ce dont on doit se passer ? Pourra-t-on faire marche arrière ?
kalfleisch ph al(Citer ce commentaire) (Répondre)
L’idée selon laquelle l’accroissement de la population est plus rapide que la productivité agricole n’est pas nouvelle. Elle était déjà défendue par Malthus. Le problème de cette logique, comme je le mentionne dans mon billet, est de se poser la question dans une vision figée, mais les progrès en agriculture ont été colossaux et heureusement.
L’alimentation dans le monde s’améliore, comme le mentionne cet article de résumé d’un rapport du FAO (Food and Agriculture Organization) : http://www.fao.org/docrep/004/y3557f/y3557f03.htm
On trouve sur ce même article, ceci, sur la production et la demande :
« La production agricole pourrait probablement satisfaire la demande prévue d’ici l’horizon 2030, même sans de grands progrès en biotechnologie moderne. Toutefois, les nouvelles techniques d’analyse moléculaire pourraient permettre une augmentation de la productivité qui serait bienvenue, notamment dans les régions qui éprouvent des difficultés particulières, améliorant ainsi les revenus des pauvres, comme l’a fait la « Révolution verte » dans de vastes régions de l’Asie entre les années 1960 et 1980.
Ce qu’il faut pour le XXIe siècle, c’est une deuxième révolution, « doublement verte », dans le domaine de la technologie agricole. L’augmentation de la productivité reste vitale, mais elle doit être alliée à la protection ou à la restauration de l’environnement; les nouvelles technologies, quant à elles, doivent être abordables pour les pauvres et les sous-alimentés, et adaptées à leurs besoins. »
Là encore, il reste toutefois des inconnus. Des progrès technologiques peuvent permettre d’obtenir des résultats bien meilleurs, notamment en réussissant à allier davantage la protection de l’environnement et une productivité agricole élevée.
L’augmentation de la surface à cultiver n’est donc pas le seul sujet. Je ne crois donc pas qu’on en soit à se poser la question de préserver l’homme en détruisant la « création non humaine ».
Je ne crois pas non plus à l’idée selon laquelle l’accroissement de la population serait du mercantilisme. Accepter l’augmentation de la population, c’est inévitablement accepter l’idée de partager, de permettre à tous de vivre dignement et donc sans doute de moins consommer (et de mieux consommer). Je ne vois pas d’ailleurs pas l’arrivée d’enfants comme l’arrivée de nouveaux consommateurs. J’espère tout de même qu’ils valent bien plus que cela.
De quoi faut-il se passer ? A chacun de voir. Il n’y a sans doute pas de réponse universelle. C’est aussi l’occasion de se poser la question de ce qui compte vraiment.
Pourra-t-on faire marche arrière ? Nous l’avons fait sur l’amiante. Je crois que nous pouvons le faire sur d’autres sujets. C’est long, toujours long de changer, mais nous en sommes capables.
Guillaume Duvillaret(Citer ce commentaire) (Répondre)
A vous lire, on pourrait croire que tout va bien…Qu’il n’y a pas de problème, que la population mondiale peut continuer à croitre et se multiplier…et qu’il suffirait juste de mieux partager pour que tous les problèmes soient résolus, et que le progrès technologique va nous sauver…
Vous parlez d’une deuxième « révolution verte » qui pourrait tout arranger. À ce propos, je vous invite à écouter ce que Claude Bourguignon ( http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article907 ) explique des « bienfaits » de la première révolution verte qui est en train de tuer les sols, mettant ainsi en péril l’agriculture en son entier, et par là, la faculté des hommes à nourrir une population sans cesse grandissante.
Vous oubliez aussi de parler de l’épuisement des ressources (limitées) de la Terre. Le pétrole, l’eau potable,etc, ne sont pas disponible à l’infini…Le jour ou ces ressources viendront à manquer, l’humanité va connaitre un profond malaise et un grand désarroi, et je doute que les gens seront plus prêts à partager ce jour là, qu’ils ne le sont aujourd’hui (voir les scores des partis d’extrême droite). Nos civilisations sont pour la plupart extrêmement dépendantes du pétrole, que l’ont retrouve sous diverses formes: Du textile au plastique en passant par l’industrie pharmaceutique, de tous les types de transports à l’alimentaire en passant par l’agriculture, la société humaine actuelle est construite autour de cette ressource.
Il faut que l’humanité s’éveille et se rende compte très vite qu’on ne peut continuer ainsi, et qu’il faut une politique de dénatalité globale, ainsi que pour nos pays riches et confis de confort une politique de décroissance. Car c’est vers cela que nous nous acheminons de toute façon. Autant le faire volontairement que de le subir. Et oui, si tout le monde sur Terre consommait comme nous occidentaux, il faudrait 4 planètes comme la notre pour subvenir a nos « besoins »
Une politique de natalité réfléchie et lucide est essentielle. Il faut que chacun s’interroge et comprenne que l’on ne peut continuer ainsi.
Car, ce n’est pas que notre survie qui est en jeu. Mais aussi celle de la faune et la flore, déjà largement malmenées par l’accroissement sans frein de la population mondiale. Nous ne sommes pas seuls sur Terre, ne l’oublions pas. Et si nous détruisons tout ce qui vit, hormis nous, nous ne survivrons pas longtemps…
Sunnymoon(Citer ce commentaire) (Répondre)
@Sunnymoon
Tout d’abord, désolé d’avoir tant tardé à vous répondre.
Je ne pense pas que la question de l’augmentation de la population mondiale soit une question illégitime, mais je crois qu’il ne faut pas tout mélanger. L’augmentation extrêmement rapide de la population mondiale lors du siècle dernier n’a (a priori) aucune raison de continuer à ce rythme (je vous renvoie aux dernières estimations de l’ONU). Il est bien évident qu’il est toujours hasardeux de faire des estimations sur des sujets comme celui-ci au vu de la quantité de facteurs qui entrent en jeu. Ceci dit, rien ne justifie aujourd’hui l’idée que l’augmentation de la population puisse être celle du siècle dernier.
Je ne pense pas non plus que le progrès technologique va nous sauver, mais je pense néanmoins que faire des projections pour 50 ou 100 ans en se basant sur nos techniques actuelles n’a guère de sens. Nos techniques progressent et heureusement !
Je ne sais pas ce que vous appelez la « première révolution verte », puisque votre article fait référence à l’agriculture intensive, qui n’a pas vraiment été révolutionné par des considérations écologiques.
L’épuisement des ressources est une vraie question, même si je ne placerai par l’eau et le pétrole dans la même catégorie. Prenons le pétrole. Nous savons tous que nous ne pourrons pas continuer éternellement en étant aussi dépendant qu’aujourd’hui. Et ce n’est pas avec une baisse ridicule de 6 centimes sur le prix de l’essence pendant 3 mois que nous réglerons le problème, cela va de soi. Mais ce n’est pas non plus en étant moins nombreux. Certes, nous tiendrons plus longtemps à 8 milliards qu’à 9, mais ce n’est qu’une question de délai ! Nous serons donc contraints de changer. Comme vous, je préfère que ce soit maintenant, volontairement, que plus tard, par obligation.
Je crois que notre mode de vie n’est pas tenable. Je ne suis pas convaincu par la « décroissance », mais je sais que des changements profonds sont inévitables.
Là où nous ne sommes pas d’accord du tout (et c’était la raison de ce billet), c’est que cette volonté de changement puisse se faire (partiellement ou totalement) par la dénatalité, car cette idée me semble dangereuse pour 2 raisons principales :
- elle omet totalement la question du vieillessement de la population dont les conséquences sociales seront désastreuses (et personnellement, je ne suis pas un grand adepte du choix entre la survie de l’homme ou de la planète)
- elle donne une vision extrêmement pessimiste de l’homme vu comme un parasite, comme un être nuisible. Si l’on veut que l’homme soit responsable, encore faut-il le croire capable de le faire car si l’homme se considère lui-même comme un parasite, il n’a guère de chance de changer et cela, dans tous les domaines. Il me semble que l’augmentation actuelle de la population (bien moindre que celle du siècle dernier) est tout à fait acceptable, je donne d’ailleurs quelques éléments corroborant cette analyse dans mon billet.
Je pense donc que la question de la dénatalité est une mauvaise réponse à un vrai enjeu. Nous devrons changer à 8 ou 9 milliards. Alors évitons cette vision néfaste de l’homme et relevons le défi!
Guillaume Duvillaret(Citer ce commentaire) (Répondre)