Le temps d'y penser

Etre dans le vent, c’est l’ambition d’une feuille morte.

Les femmes sont-elles condamnées à seconder les hommes ?

Par • 25 sept, 2012 • Catégorie: Réflexion faite

<img class= »alignleft size-full wp-image-3226″ title= »benoit-xvi-nonne » src= »http://www.letempsdypenser.fr/wp-content/uploads/16093_benoit-xvi-nonne_440x260.jpg » alt= »" width= »285″ height= »168″

Le second chapitre de la Genèse présente ainsi la création d’Ève : « il n’est pas bon que l’homme soit seul ; faisons-lui une aide semblable à lui ». Une lecture naïve pourrait laisser croire que la Bible institue et consacre ainsi un rapport d’inégalité ontologique entre l’homme et la femme, la seconde étant vouée à seconder le premier.

Voir dans le texte biblique cette supposée subordination de la femme serait à la fois hâtif et approximative : le mot hébreu que nous traduisons par aide, ezer, est utilisé le plus souvent, dans la bible… pour parler de Dieu Lui-même ! « Notre ezer (secours, salut) est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre ».

La création d’Ève à partir de la côte d’Adam montre qu’elle est faite de la même chair, qu’elle lui est égale. Jean-Paul II montre bien qu’Adam, avant la création d’Ève, représente l’humanité dans son entièreté, sans être particulièrement identifié au masculin. L’aide, le secours face à la solitude originelle de la créature devant son créateur, réside dans l’appel à la communion, manifesté de manière particulière dans la différence sexuelle et la relation homme-femme.

Nul prétexte, nulle caution, dans la bible, pour une quelconque inégalité entre hommes et femmes : la domination de l’homme sur la femme n’est pas présentée comme naturelle dans la Genèse ; bien au contraire, elle est une conséquence du péché originel, du refus de communion.

Toute inégalité fondée sur le sexe est une conséquence de cette blessure : il est ainsi souhaitable qu’une femme souhaitant entreprendre une carrière universitaire, entrepreneuriale ou artistique se voie récompenser de ses efforts au même titre qu’un homme.

Mais avant de se manifester avec une acuité particulière dans la relation homme-femme (image de Dieu), cette blessure est refus de communion, tentative pathétique de l’Homme de vivre sans Dieu, d’être un self-made man.

Je ne crois donc pas que nous atteindrons une vraie égalité homme-femme en nous plaçant dans une posture revendicative ou d’affrontement ; à vrai dire, il n’y aurait sans doute rien de pire pour la femme que de vouloir devenir un homme comme les autres, de s’attacher à ce fardeau qu’est l’obsession de la performance et de la puissance sociale.

Une relation déséquilibrée ne le sera pas moins si la partie oppressante est féminine et non masculine. Plus que la définition de quotas, l’enjeu est de (re)trouver ce qui fait le génie propre de la femme, et le génie propre de l’homme ; ce génie spécifique de chaque sexe ne peut se trouver que dans la complémentarité à l’autre.

Ces considérations ne sauraient être prétextes au statu quo. Elles ne signifient pas, notamment, qu’il serait urgent de ne rien faire dans l’Église ! La correspondance entre ministère ordonné et autorité actuelle doit sans doute laisser la place à des formes de gouvernance offrant une plus large part aux femmes.

L’exemple montre qu’il n’est d’ailleurs pas besoin pour cela d’abolir le ministère ordonné ou d’en nier la spécificité masculine : les sœurs clarisses de Malonne ont montré par leur geste d’accueil envers Michelle Martin qu’elles ont toute l’autonomie nécessaire pour discerner sans nécessairement en référer aux évêques.

Au journaliste qui prétendait récemment qu’aujourd’hui , les femmes sont reléguées dans l’Eglise « au balai et aux fleurs », je répondais ceci : les femmes sont en première ligne dans la catéchèse, le catéchuménat, l’accueil des familles en deuil pour la préparation des funérailles ou encore la préparation au mariage. Elles ont ainsi au moins autant, sinon plus, d’opportunités que les hommes (curés compris), d’être témoins du Christ. Ce rôle de témoin privilégié, elles l’ont gagné par leur fidélité, au pied de Sa croix, quand (presque) tous les hommes avaient décampé…

Crédit photo : AFP / Osservatore Romano

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2 Réponses »

  1. A lire à ce sujet chez JonasTree : « je suis la coéquipière d’un coéquipier. » http://jonastree.blogspot.fr/2012/09/egcles-femmes-sont-elles-condamnees.html

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